Éditeur connaissant une ascension vertigineuse pour ne pas dire fulgurante au cours des dernières années, les Éditions de l’Écrou exploitent le créneau d’une poésie jeune, axée sur un langage libre de contraintes. Qu’on pense à Maude Veilleux, Daphné B, Rose Eliceiry, les poètes de l’Écrou dérangent, déplacent de l’air, ruent dans les brancards. En très peu de temps, collectivement ou séparément, elles se sont taillées une place unique et bien à elles.

Emmanuelle Riendeau, finaliste au Prix de poésie de Radio-Canada en 2017, nous livre un premier recueil attendu : Désinhibée. Son langage est délibérément cru,  sciemment déluré, sa plume est éthylique, sexuelle et déjantée, toujours sans gêne ni aucune trace de pudeur.

Elle fait parfois preuve d’une grande lucidité :

« Dépourvue de chute
Tout tombe pareil » 

Ou d’une grande sensibilité :

« Celle qui part sans rien dire
Et celle à qui on dit tout

Sauf je t’aime »

Mais la plupart du temps pleine de bravade et outrancière, Riendeau nous livre un recueil dérangeant, impudique et qui va directement au but.

– Charles Quimper

Désinhibée, Emmanuelle Riendeau, Éditions de l’Écrou, 2018.

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