Joyeuse idée qu’a eu les Éditions de Ta Mère que de nous offrir ce collectif d’auteurs émergents, détonants, sauvages, indomptés: Simon Boulerice nous émeut avec le portrait de son jeune Jacob, Jean-Philippe Baril Guérard nous fait la lecture d’une micro-pièce de théâtre tout à fait délirante, Simon Laperrière se la joue Hunter Thompson au Festival de Cannes, Sarah Berthiaume nous étonne avec son érotique du homard, Laurence Leduc-Primeau épate sans nul doute avec un texte d’une poésie désarmante. Reconnue pour son catalogue hétéroclite, qu’on pense à Clotaire Rapaille, L’opéra Rock, à Villes mortes ou, tout récemment, à Les filles aussi jouent de l’air guitar, la ligne éditoriale colorée et pleine de panache de la bande de Ta Mère ne cesse de divertir et de surprendre.

Maxime Raymond, des Éditions de ta Mère, nous éclaire: « On a toujours adoré les collectifs. On en a produit quelques-uns avec un thème précis et on avait envie de récidiver, mais on a réalisé qu’il y a énormément de collectifs thématiques qui sortent en ce moment. C’est là que l’idée de faire le contraire est née. On allait demander aux auteurs d’écrire sans thème et sans contrainte et voir ce qui allait en ressortir. Ce qu’on espérait, c’est que le résultat final, au-delà de contenir de bons court textes, surprenne le lecteur par la variété des genres et des thèmes. J’aime beaucoup l’idée de ne pas savoir dans quoi on s’embarque, de ne pas avoir eu d’introduction, en commençant à lire un texte. Cette idée de surprendre le lecteur est vraiment au cœur des intérêts de la maison[…].»

La jeune et dynamique maison d’édition frappe effectivement très fort avec ce tout petit pavé, peuplé de personnages aussi saugrenus et déjantés que leurs auteurs. C’est le Carnaval de Rio entre ces pages, un grand cirque, on en ressort le sourire aux lèvres, étourdi, éberlué, haletant.

On en veut plus, le recueil ne faisant qu’à peine plus de 140 pages, même si elles sont bien tassées. On en veut plus, car c’est parfaitement ludique et enlevant: on y découvre des univers nouveaux et inédits. Il s’agit du remède parfait contre le mois de novembre qui se pointe, contre Noël qui commence déjà dans les centres commerciaux, idéal contre les maux de la grippe musculaire et la noirceur croissante en fin de journée. Les douze jeunes auteurs de ce collectif nous livrent des textes iconoclastes, éclatés, vivifiants, marrants comme tout.

Éminemment jouissif, dans le genre.

– Charles Quimper

Des nouvelles de Ta Mère, collectif, Les Éditions de Ta Mère, 141 pages, 2015.