Créer et partager son art avec le public, un but noble et partagé par la majorité des artistes, non? Vous êtes-vous déjà demandé ce qui fait qu’on voit un.e artiste partout, alors qu’un.e autre, autant sinon plus talentueux, reste dans l’ombre? Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, mais entre autre l’image que cet artiste projette, et ce qu’il fait vivre et ressentir au public, y sont pour beaucoup! Mais comment ça fonctionne? Comment est créée cette image? Qui la crée? Alors qu’Audrée Loiselle nous éclaire en ce moment sur le métier de relationniste avec sa chronique L’après, phare sur le monde des relations publiques avec Alexandra Turgeon, qui se spécialise en communications et en relations publiques depuis ses débuts. À go, on lève le voile. Ok, go.

Cette semaine, comme dernière contribution pour ma chronique Derrière l’image sur le formidable blogue Les Méconnus, j’ai eu envie de présenter une sorte de guide de survie. Comme j’ai parlé souvent à cette tribune de pratiques douteuses en communications et en relations publiques, j’ai pensé qu’il était important, avant de se laisser continuer de vagabonder dans le vaste monde des médias, de partager ici quelques notions afin qu’on sache tous quoi surveiller pour être plus alerte dans sa consommation d’information!

Parlons éthique

On a tous une idée de ce qui est franchement non éthique : un pot-de-vin, un détournement de fonds, un média qui a des intérêts dans le produit ou l’événement qu’il encense. Mais il y a, à plus petite échelle, des pratiques qui sont légales, mais qui jouent tellement sur la limite entre la publicité et le contenu éditorial, qu’il est important d’être vigilant pour ne pas se faire naïvement avoir en croyant que tout ce qu’on lit a été écrit avec le soucis éthique d’informer le lecteur selon des sources fiables.

Où tracer la ligne? La différence entre publicité et contenu éditorial

Commençons par le commencement. Selon le Larousse, la publicité est une « activité ayant pour but de faire connaître une marque, d’inciter le public à acheter un produit, à utiliser tel service, etc. […] ». Donc, on paie une station de télévision, un magazine, un journal, une radio, pour qu’ils diffusent un contenu créé expressément pour faire vendre ou promouvoir. De ce côté-ci, c’est assez simple.

De l’autre côté du spectre, le contenu éditorial est créé par des journalistes, des recherchistes ou des chroniqueurs et cherche à informer ou divertir le public : soit de façon objective lorsqu’il s’agit d’information, ou avec un biais d’opinion clair, lorsqu’il s’agit de chronique. Donc, je répète : informer ou divertir. Pas vendre.

Mais voilà : il s’agit d’un spectre. Et même si les deux opposés sont bien définis, la zone grise entre les deux s’étend à l’infini et peut créer bien de la confusion. Voyons un peu.

Zone grise dans les médias sociaux

J’en ai parlé à de multiples reprises, les médias sociaux sont un incroyable canal de communication pour les marques et les personnalités publiques. Elles peuvent partager leurs états d’âmes, ce qu’elles aiment, ce qu’elles font. Elles peuvent faire de la publicité pure. Mais elles peuvent aussi jouer entre les deux.

Entre autres pratiques, la publicité déguisée (plus connue sous le nom de « partenariat » entre un influenceur et une marque) est une pratique tellement rentable pour les personnalités publiques que plusieurs se laissent séduire. Il suffit de prendre une photo de soi en train de manger son lunch dans un Tupperware pour encaisser un chèque! Facile! Mais comme public, il faut faire attention : ce n’est pas parce qu’on aime et admire une personnalité que toutes les marques dont elle fait la promotion sont dignes de confiance.

Où est le problème?

Et alors? On n’a pas le droit de faire la promotion de ce qu’on travaille d’arrache-pied à créer? Mais oui, la pub existe, et continuera d’exister. Le problème, c’est quand la publicité est déguisée. Quand elle met un costume d’article de journal normal, et que ça prend une loupe pour voir qu’en fait, tout ça a été payé. Parce qu’en tant que consommateur d’information, on s’attend à ce que ce qu’on lit soit vrai, et qu’on pense souvent que si c’est écrit dans le journal, c’est vrai. Mais quand le contenu payé entre en compte, peu importe que ce soit vrai ou non, malheureusement!

Alors qu’est-ce qu’on fait? Voici ce que je vous propose. Quand vous consommez du contenu d’information, posez vous ces questions : qui me dit ce que je lis ou entends, et pourquoi? Qu’est-ce qu’on tente de me faire faire? Gardez en tête que dans la majorité des cas, il y a des intentions cachées… Et vous allez peut-être gagner une bataille contre la manipulation!

Alexandra Turgeon

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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