Créer et partager son art avec le public, un but noble et partagé par la majorité des artistes, non? Vous êtes-vous déjà demandé ce qui fait qu’on voit un.e artiste partout, alors qu’un.e autre, autant sinon plus talentueux, reste dans l’ombre? Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, mais entre autre l’image que cet artiste projette, et ce qu’il fait vivre et ressentir au public, y sont pour beaucoup! Mais comment ça fonctionne? Comment est créée cette image? Qui la crée? Alors qu’Audrée Loiselle nous éclaire en ce moment sur le métier de relationniste avec sa chronique L’après, phare sur le monde des relations publiques avec Alexandra Turgeon, qui se spécialise en communications et en relations publiques depuis ses débuts. À go, on lève le voile. Ok, go. 

J’ai eu envie cette semaine de parler de l’évolution de ma profession, des défis qui attendent ceux qui la pratiquent… Mais aussi de tous ceux qui souhaitent faire connaître leur travail du public! Comme énormément de domaines professionnels, le monde des relations publiques, en constante évolution, et a été happé par la vague du 2.0, d’Internet et des réseaux sociaux. Cette vague a modifié sa réalité, et le travail de relationniste ainsi que la création d’image de marque s’en sont trouvés complexifiés, comme si un chemin autrefois bien balisé s’ouvrait maintenant en une multitude de ramifications plus ou moins bien définies.

Remontons un peu dans le temps. Au départ, un grand pan du travail de relationniste consistait à ce qu’on appelle les relations de presse.

En effet, dans une époque pas si lointaine, le commun des mortels était informé des actualités par un canal ayant le quasi-monopole de l’information : les médias traditionnels. On parle ici de journaux (en papier!), magazines, radio et télévision.

On regardait le calendrier culturel du journal Voir en papier pour savoir quel à spectacle assister, on savait que tel auteur venait de sortir un nouveau roman grâce à une entrevue qu’il avait accordée dans Le Devoir, et on avait hâte à la tournée de tel artiste, dont les dates avaient été annoncées à Radio-Canada. Donc, le ou la relationniste s’assurait que les médias soient au courant des nouvelles informations concernant son client (par exemple, un lancement d’album, une parution de vidéo, une tournée, etc.) et essayait de faire en sorte que les médias partagent la nouvelle, soit en coordonnant des entrevues, ou en les invitant à assister au lancement et à publier une critique, etc. Oui, il y avait d’autres sources d’informations (non négligeables, telles que discours officiels, bouche-à-oreille, publicité, etc.), mais souvent, les journaux, télé et radio étaient les plus accessibles.

Qu’on soit bien clair : je parle au passé, mais évidemment tout ceci existe toujours – sauf le Journal Voir en papier, qui s’est métamorphosé en un beau magazine mensuel, un site web, et même une baladodiffusion. Les médias dits « traditionnels » sont toujours une source crédible et importante d’information. Je suis certaine que vous lisez des quotidiens d’informations sur le web, peut-être même certains en papier quelques fois par semaine, et allumez la radio de temps en temps (peut-être la télé?).

Mais je dirais que ce type de média fait aujourd’hui partie d’un tout infiniment plus complexe. Pensez-y, pour avoir une information rapide sur quelque chose ou quelqu’un, qu’avez-vous l’habitude de faire? Allez-vous ouvrir un journal, ou plutôt entreprendre une recherche sur Google ou Facebook? Possiblement une recherche Google ou Facebook, non? Et en regardant le contenu de tous ces trésors trouvés lors de votre recherche, qu’allez-vous trouver?

La recherche Google risque de vous sortir des articles de quotidiens ou de blogues, mais également un site web officiel, et peut-être une page Facebook, LinkedIn, YouTube, Bandcamp, etc. Une recherche Instagram ou Facebook risque de vous montrer un contenu bien différent, possiblement alimenté directement par la personnalité publique ou la compagnie qui vous intéresse. Des photos, des vidéos, des informations sur des événements, un peu de promotion.

En bref : une multitude d’informations, provenant d’une multitude de sources.

Vous trouverez des informations pratiques, c’est vrai. Du genre : quoi, quand, combien, où. Mais encore? Il est probable que vous déceliez, au fil des entrevues, photos Instagram, site web, et photos multiples sur Google image, quelque chose comme l’essence, la personnalité… ou plutôt ce qu’on perçoit comme étant l’essence et la personnalité : l’image de marque.

Mais en cette époque où les sources d’informations sont infinies, n’est-il pas probable que cette image de marque soit difficilement identifiable, que le vernis craque, que la stratégie soit noyée dans trop de données disparates? Mais oui, tout à fait! Le défi est plus grand que jamais pour atteindre une image cohérente et arriver à suivre la ligne directrice qui nous aidera à créer cette image de marque efficace. À l’ère du 2.0, il est assez ardu pour qui veut être vu et entendu de réussir à le faire efficacement et intelligemment, surtout quand ce sont des personnes différentes qui se chargent de gérer les médias sociaux, le site web et les relations de presse. Mais ne vous en faites pas, il existe une solution assez élémentaire. La clé pour créer et communiquer une image cohérente, c’est simplement une communication efficace entre les différents créateurs de cette image, et une stratégie globale qui n’omettra rien ni personne… Même pas les stories Instagram!

– Alexandra Turgeon

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