Crédits: Marthe Lemelle

Sylvia Plath est l’une de ces poètes dont les mots vous enrobent de leur pleine certitude. Cette écrivaine américaine à l’âme profondément mélancolique a laissé derrière elle des textes puissants. Textes qui se retrouvent portés par la voix rauque de l’actrice Charlotte Rampling accompagnée de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton qui reprend l’univers de Benjamin Britten, musicien britannique.

Ils sont quatre sur scène. Deux sont immatériels mais extrêmement présents dans cette performance mettant en dialogue la musique et la littérature. Malgré un début maladroit, des blancs de mémoire pris avec humour et des problèmes techniques, Rampling et Wieber-Atherton ont su paver ces inégalités pour nous offrir un spectacle sensible, avec les traductions des textes en fond de scène.

L’œuvre poétique de Sylvia Plath trouve un écho parfait dans les suites pour violoncelle de Benjamin Britten. Ces deux univers se sont répondus avec évidence traduisant presque une violence magnifiée. L’écriture, pour l’un comme pour l’autre, est personnelle et introspective. L’amour, la mort (annoncée), la souffrance sont des thèmes qui reviennent et s’acharnent. Les images portées par les notes s’imposent dans une rythmique sombre.

Charlotte Rampling, dans les moments de « parfaite illusion » comme elle l’a dit si bien, a su transmettre l’émotion contenue dans ces textes. Sa voix, sa présence, sa mouvance… Elle semblait être faite pour cette interprétation. Il reste dommage que les oublis aient été si nombreux car cela sort le spectateur de la bulle d’émotion qui se crée. Mais on y revient vite, par exemple, pour un texte comme Daddy, qui joue sur les allitérations, lui donnant une allure de texte effréné et douloureux.

L’exercice de ce mariage des genres était un bel hommage à deux grands artistes que j’ai eu le plaisir de découvrir à travers nos deux contemporaines. La littérature, au contact des autres arts, peut révéler des nuances magnifiques au delà de sa simple existence.

Rose Carine H.

Danses Nocturnes est présenté dans le cadre du FIL du 19 au 21 septembre, à la Cinquième Salle de la Place des Arts.