Un prédateur, aussi connu sous le nom de fauve, s’introduit. Dans la jungle, dans un hôpital, dans un livre. Il flaire sa proie, s’impose en bloc. Qu’il s’agisse d’un soir de chasse ou de protéger ses intérêts sur son territoire, la vie du fauve est une lutte de tous les instants.

Dans la cage, de Mathieu Leroux est l’arène de plusieurs combats. Celui contre la maladie, celui de deux frères, celui d’une marge contre les préconçus, celui que l’on mène contre soi-même.

L’homosexualité. Un sujet moins tabou aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque où le texte s’installe, n’est-ce pas? Mathieu Leroux trouvera sans aucun doute un reste de réserve chez le lecteur. Il pousse toujours un peu plus loin – désolée pour les images mentales – le seuil de tolérance du lecteur. La première fois qu’il mange un cul, par exemple, trouble d’abord, mais il s’agit d’un acte tout innocent une fois comparé avec ce qui suit.

Le narrateur ajoute à cet effet de choc par pallier à l’aide du rythme qui structure ses phrases. Courtes. Elles martèlent. Percutent.

Relativement brève, la lecture ce roman nécessite tout de même la décantation de certains passages. Sous ses allures simples, il faut se méfier. Si la forme suggère que tout est limpide, les sujets abordés sont riches en nuances et en contradictions.

Paru chez Héliotrope depuis le début mars, Dans la cage vous propose un cloisonnement malsain dans un lieu sordide : le tourment humain.

– Vickie Lemelin-Goulet

Dans la cage, Mathieu Leroux, Héliotrope, mars 2013