J’ai habité Laval presque toute mon enfance. Habituée aux spectacles « pas-si-grand-déploiement » à la Salle André-Mathieu, j’avoue que je m’attendais un brin à une salle pas trop remplie à la Place Bell. Mea culpa. Après une épopée digne de ce nom pour trouver un stationnement, me voilà dans l’enceinte de la bête qui ressemble à s’y méprendre à la petite sœur du Centre Bell. Place à alt-J, spectacle présenté par Osheaga!

La foule, bien réchauffée par Bishop Briggs, a accueilli avec joie alt-J. Pas le temps de niaiser, le groupe rock britannique s’est tout de suite lancé avec 3WW, la première pièce de son troisième album RELAXER. Si alt-J avait opté pour un éclairage beaucoup plus minimaliste en 2014 au Métropolis pour présenter This Is All Yours, le groupe a été dans une direction totalement différente pour cette nouvelle tournée. Entourés de plusieurs tiges émettant de la lumière au gré de leurs propres rythmes, Joe Newman, Thom Sonny Green et Gus Unger-Hamilton étaient presque effacés de la scène. Pas plate comme effet.

Le public, enthousiaste, ne se dandinait par contre pas beaucoup sur les Something Good, Tessellate et Nara. « Ça va Laval? » Et hop, comme un petit coup de fouet nécessaire, cette salutation a redonné une bonne dose d’énergie aux spectateurs pour accueillir l’électrisante In Cold Blood. alt-J  a crié un franc « Chantez avec nous s’il-vous-plaît! » avant d’interpréter Matilda. Plus de doute possible : le party était maintenant des nôtres à la Place Bell.

Après la superbe Tarot, la formation a entonné Adeline. Ni une ni deux, les spectateurs ont allumé briquets, iPhones et/ou tout autre objet qui fait de la lumière (hello les gens fans de iPad dans les spectacles). Superbe moment. « C’était génial ça. Merci Laval! » La table était mise pour les pièces Pleader et Fitzpleasure, qui sont venues clore joliment la soirée.

C’était sans compter le rappel, qui n’a pas manqué de faire crier le public. C’était là ou jamais : les plus timides se sont levés pour danser sur l’intro de l’album An Awesome Wave, l’énergique Left Hand Free et la dernière, et vraiment pas la moindre, la belle Breezeblocks. Touché, touché et touché.

En tout et pour tout? Belle performance d’alt-J, qui s’est toutefois montré plus sage qu’à ses dernières apparitions à Montréal. Alors qu’on avait pu sauter sur les rythmes du groupe au Métropolis en 2014 et danser avec enthousiasme à Osheaga en 2015, on a dû se résigner à une musique plus près de ses pistes dimanche soir. Pas d’exploration ou de folie qui tienne. Mais on pardonne ce manque d’audace devant l’étendue du talent du groupe britannique. Parce que si une formation peut se targuer de ne rien faire comme tout le monde, c’est bien alt-J.

Mélissa Pelletier 

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