Entre deux projections des Rendez-vous Québec Cinéma et du Mois de l’Histoire des Noirs, cap sur des films qui nous rappellent combien le cinéma indépendant et à budget limité est aussi bon que nécessaire, et atterrissage non en douceur avec le dernier né de l’un des plus grands réalisateurs russes que le cinéma connaisse. Pupilles et coeurs fragiles s’abstenir… ou pas!

Les Faux tatouages de Pascal Plante

Un film qui touche droit au coeur tant il rappelle à chacun sa première histoire d’amour. (On vous en a d’ailleurs parlé ici plus en détails.) Théo et Mag n’ont que leur passion pour le rock et les tatouages en commun. Pourtant leur alchimie tombe comme une évidence, celle qu’on ne peut expliquer et qu’on ne peut surtout que vivre. Ce n’est qu’un premier long-métrage pour Pascal Plante, à qui on prédit un avenir prometteur. Les Faux tatouages est un film dont le pilier principal n’est pas le scénario, mais c’est tant mieux. Le cinéaste lui préfère un regard délicat posé sur l’adolescence et un développement intelligent des deux protagonistes dont le passé n’est que très subtilement révélé, mais avec qui on tombe assurément et graduellement amoureux. Anthony Therrien (Théo), figure de la nouvelle génération et déjà à l’affiche de Charlotte a du fun, livre une performance touchante et sans fioritures. Chaque détail compte, la pudeur de l’idylle est à son comble et le vent de fraîcheur agit rapidement sur le cinéma québécois.

Actuellement en salles

Isla Blanca de Jeanne Leblanc

Avec un budget ultra limité et une équipe réduite, Jeanne Leblanc nous propose un magnifique huis-clos familial porté par l’excellent Théodore Pellerin et la touchante Charlotte Aubin. A l’image de Réparer les vivants, un drame bouleversant dont on peine à se remettre tant il est réaliste et touche droit au coeur de ceux pour qui la famille est une drogue, dans les deux sens du terme. Le récit évolue si bien qu’il en devient difficile de ne pas se reconnaître dans l’un des moments partagés entre Mathilde et chacun des membres de sa famille retrouvés après 8 ans d’absence. Tout est fait pour nous retrancher dans le dilemme vécu par n’importe quelle famille ayant subi la distance: l’incapacité d’oublier ou tout envoyer valser afin de ne pas prolonger le temps déjà perdu à être privé de l’être cher / de chair.

En salles le 3 mars 2018

Loveless d’Andrey Zvyagintsev

On en sort en mille morceaux mais ce serait du gâchis que de ne pas assister à ce sinistre portrait de la classe moyenne russe. La disparition d’un garçon pris en otage par le divorce de ses parents met en scène le narcissisme ambiant et la perdition d’une époque plus occupée à cristalliser son amour qu’à le vivre. La maîtrise des plans se ressent jusque dans l’asphyxie partagée par un cadre resserré sur ses personnages et par une photographie sombre, glaciale et inquiétante à souhait. Après le portrait de la corruption politique érigé avec Léviathan, le cinéaste russe retrouve à nouveau son cheval de bataille, la critique de l’Etat. Ici les forces de police sont inutiles, et l’analyse acerbe devient meurtrière lorsqu’il est question de dresser un état des lieux du narcissisme ambiant et de la société russe qui devient rapidement universel.

Actuellement en salles

Ambre Sachet 

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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