Le «coming out», une étape cruciale. Un passage obligé sur lequel on met beaucoup l’accent dans les campagnes de sensibilisation envers la communauté gaie. Mais, même alors qu’on est paré à entendre dire: «Je suis homosexuel(le)», être confronté à cette réalité est une autre paire de manches. Pareil pour le principal concerné. C’est bien de s’affirmer, mais une fois qu’il a pris son courage et s’assume tel qu’il est, reste encore à vivre la vie pour laquelle il vient de s’ouvrir.

On a suivi maintes fois les tourments des jeunes et moins jeunes concernant leur orientation sexuelle trouble et les impacts relationnels qui en découlent; au niveau local, on pense au très caricatural J’en suis (Fournier, 1997) ou, plus «récemment» à C.R.A.Z.Y (Vallée, 2005) – mais pour ce qui est d’un quotidien après l’aveu, rien.

Un pas a été fait en ce sens avec la websérie Coming Out, dont les deux premiers épisodes sont, depuis quelques jours, disponibles sur KebWeb et Sympatico. Réalisée par Mathieu Blanchard, la websérie, pour ce que j’ai pu en voir, vise à montrer différentes facettes de l’homosexualité tout en ne mettant pas l’accent sur l’homosexualité. «Où est-ce que tu t’en vas avec ça?» Je m’en vais vers le fait qu’en insistant trop sur la différence d’un individu ou d’un groupe, on le marginalise doublement, alors qu’en l’affichant simplement, on laisse à l’autre le soin de remarquer les différences, sans qu’elles ne dominent l’impression générale.

En gros, je pense que cette série se tiendrait tout autant s’il s’était s’agit d’un groupe d’hétérosexuels : des 5@7 qui se transforment en gueules de bois, des tensions sexuelles, amoureuses, amicales et familiales (pas toutes à la fois, on s’entend) et, bien sûr, plein de beau monde. La seule différence c’est que les beaux gars se «frenchent» entre eux au lieu de le faire avec la belle fille qui les accompagne.

Comme dans toute série qui se respecte, on propose deux versants d’une même réalité. Heureusement, si tout se maintient, ça s’annonce équilibré. Ni mélodramatique, ni fleur bleue, Coming Out mise sur le naturel. On s’y abandonne tout en demeurant très ancré dans le quotidien. Les personnages sont humains et leur réalité crédible.

En tâtant le pouls sur les sites de diffusion et médias sociaux, on note un commentaire récurrent du public: «J’en aurais pris 20 minutes de plus!» Avis aux chaines télévisées, les gens aiment ça! En attendant rendez-vous sur les Internets pour voir de quoi il en retourne.

– Vickie Lemelin-Goulet

http://comingout.sympatico.ca