L’amitié au féminin sans masque et sans artifices. La vérité au détriment des blessures qu’elle peut provoquer. Malgré tout, une amitié solide et sincère entre cinq jeunes femmes qui seront confrontées à une triste nouvelle. En collaboration avec Lez Spread the Word et en codiffusion avec La Manufacture, le Théâtre Osmose vous convie à la pièce « Coco », le tout premier texte dramaturgique de Nathalie Doummar. Présentée à La Licorne, cette pièce a d’abord connu un franc succès lors de sa lecture publique dans le cadre du festival Zone Homa en 2014.

 Un mois après la mort de leur amie d’enfance, quatre jeunes femmes à l’aube de la trentaine se réunissent dans une maison de campagne. Elles posent sur la table le journal intime de la défunte. À travers les mots de Coco, ces filles aussi franches que différentes plongent dans leurs souvenirs: de la naissance de leur amitié à leur découverte de l’amour, de la sexualité et de la vie.

Cette comédie dramatique mise en scène par Mathieu Quesnel (Au champ de Mars) aborde les rapports à l’amour à travers les années et la maturité des personnages. La pièce s’amorce alors qu’elles ont douze ans et qu’elles vivent l’initiation au sentiment amoureux et au désir. Certaines se questionnent également sur leur orientation sexuelle. Chacune vit ses expériences à son rythme et selon sa personnalité. Marie Soleil Dion incarne une Maggie, limite dépravée sexuelle, sans remords à l’égard des gens qu’elle peut blesser. Elle parle ouvertement et de manière crue de ses expériences sexuelles alors que d’autres sont plus discrètes, comme Coco (Nathalie Doummar) ou Vivianne interprétée par Anne-Marie Binette. Celle-ci connaît l’amour tardivement et entretient un rapport plus ou moins harmonieux avec son corps. Son côté naïf la rend très attachante et suscite beaucoup de rires. Le thème de la maternité est également omniprésent. Il s’agit du rêve ultime de Coco, déterminée à le concrétiser coûte que coûte, même avec un homme qui ne fait pas l’unanimité au sein du clan féminin.

Ce qui nous habite en assistant à cette pièce, Nathalie Doummar l’a bien ciblé lorsqu’elle mentionne son désir ou cette facilité qu’on a enfant de s’engueuler et de tout se pardonner subitement, sans quoi, la vie serait plate. L’absence de filtre quitte à déplaire, comme si nous n’étions qu’une simple ébauche. Et plus le dessin se raffine, plus les règles de bienséance et de politesse deviennent omniprésentes. On ne doit pas brusquer notre interlocuteur. On pèse nos mots. On évite les confrontations. Dans cette pièce, la franchise occasionne des relations quasi déficientes, mais le clan demeure uni, jusqu’à la fin. Et ce sont ces dysfonctions qui provoquent des rires. À travers leurs failles, ces femmes sont attendrissantes. Si la trame de fond s’ancre dans un drame, on rit beaucoup plus qu’on pleure, quoique la fin aura presque réussi à m’arracher une larme.

Pressez-vous pour cette pièce, c’est l’euphorie! Plusieurs supplémentaires sont déjà complètes.

Bonne représentation!

Edith Malo

Coco, du 25 janvier au 20 février 2016 au Théâtre La licorne.
Nouvelle supplémentaire (à ce jour) : mardi le 16 février à 21h30.
Pour la programmation complète, c’est ici.