Crédit photo : Alex Nevsky

Elle a de l’énergie à revendre et une verve à tout casser. On la retrouvera au Quat’Sous les 26 et 27 février prochains, alors qu’elle débarquera avec sa suite pour livrer Chrysalides, son troisième spectacle solo. Mesdames et messieurs, faites place à Queen KA et à ses mots, qu’elle partage aujourd’hui avec nous, le temps de répondre à nos questions.

Après DÉLÎRÏÜM en 2009, la parution de deux EP – Les éclats et Dépareillés – en mars et juin derniers et le show Ceci n’est pas du slam en 2011, tu présentes ce mois-ci Chrysalides. Qu’est-ce qui distingue ce spectacle de tes précédentes productions?

DÉLÎRÏÜM c’était super théâtral : j’avais une scénographie, j’avais des déplacements, Blaise et moi on était cachés derrière une espèce de panneau – on aurait dit que j’étais dans un loft. C’était vraiment une mise en scène. Pour Ceci n’est pas du slam, on est vraiment allés vers quelque chose de supra épuré, comme si on était un band de musique, il y avait les musiciens et moi, et je parlais un peu entre les pièces. Je te dirais qu’avec Chrysalides, on est arrivés un peu au centre, il y a juste un peu de théâtralité mais ça reste profondément musical.

Ça fait maintenant plusieurs années que tu collabores avec ton band de poésie, constitué de Blaise Borboën-Léonard et de Stéphane Leclerc, ainsi qu’avec Yann Perreau. Concrètement, comment fonctionne cette collaboration? Qui fait quoi?

Il y a certaines pièces qui sont des compositions des gars, et il y en a d’autres qui viennent du EP Dépareillés, qui sont des collaborations où moi j’écrivais sur des compositions musicales qui m’avaient été données. Le travail des gars a été de se réapproprier ces pièces-là, de voir comment ils pouvaient les faire sur le stage. Avec Yann, on a fait une première session de pré-prod, on montait les tounes et Yann essayait de voir le pacing, si ça fonctionne, comment placer les gars, les entrées, les sorties, les intentions des poèmes aussi, pour moi. Ensuite on a eu une deuxième période de travail avec l’éclairagiste, donc là il s’agit de créer les petits univers de chacun des poèmes.

Ce que j’aime de Yann, c’est qu’il est capable de me diriger, parce qu’il a déjà joué et qu’il connaît la scène […] alors j’ai totalement confiance en lui, et il écrit aussi, alors s’il y a des rectifications à faire sur mes textes, je lui fais confiance. Mais c’est aussi un musicien, alors il sait parler à mes musiciens dans le langage de musicien et non dans celui de metteur en scène, quelque chose que moi je ne pourrais pas faire.

J’ai évidemment Guillaume Briand, un technicien, c’est lui qui tourne le show. Il est artistiquement investi, c’est notre patenteux, notre créatif de service qui réussit à faire en sorte que les choses se fassent. Et Marzia Pellissier qui nous a aidés cette fois-ci avec deux petit éléments de décor, qui avait fait toute la scénographie de DÉLÎRÏÜM.

Chrysalides se veut un spectacle de la métamorphose, de la mutation, où seront abordés les thèmes tels que le questionnement de soi, le deuil, mais également l’éveil à la beauté du monde. Où as-tu puisé l’inspiration pour les textes du spectacle?

Il y en avait quelques-uns qui étaient déjà écrits depuis un an ou deux, que je voulais dans le spectacle, qui sont inspirés de choses et d’autres. FDM, c’est vraiment après avoir lu un article sur la possibilité de la démagnétisation des pôles de la planète. J’avais trouvé ça super angoissant […], je m’étais dit : Mon dieu, on est donc bien petits, on est tellement minuscules dans tout ce cosmos-là.

Écrire sur le beau, c’est mon chum qui me l’a suggéré. Je l’ai vraiment pris comme une insulte mais j’ai commencé à écrire sur le beau et finalement c’était pas mal bon. Il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, mais je savais depuis longtemps que je voulais parler de la mutation – ça a d’ailleurs été mon titre de travail pendant longtemps. Quand j’ai eu les musiques des collaborateurs pour Dépareillés, c’est sûr que j’écoutais ce que la musique m’inspirait mais je me demandais également quels thèmes je n’avais pas encore explorés et que je voulais avoir dans le show. […] C’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire au premier ou au deuxième spectacle, je contrôlais moins la fluidité de mon écriture.

Slameuse et comédienne, on t’a vue et entendue à de nombreuses occasions ces dernières années, des Francofolies jusqu’à Zone HoMa l’été dernier en passant par les planches de plusieurs théâtres. Quelle est l’expérience qui t’a le plus marquée et pourquoi?

La première fois que Grand Corps Malade m’a invitée à faire un texte pendant son spectacle, c’était à la salle Wilfrid-Pelletier. […] Quand je suis arrivée sur le stage pour faire mon soundcheck, le gars m’a mis du retour pour que j’entende ma voix, et je lui ai dit : J’ai pas de musique, pas besoin de m’en mettre. Et le soundman m’a dit : Non, la salle est tellement grande que ta voix va bouncer et te revenir en retard alors il t’en faut. Et je me rappelle m’être dit : Ta***, c’est donc bien grand pour que ma voix m’arrive en retard!

Le soir, quand j’ai fait mon texte, j’étais tellement stressée que je ne me rappelle de rien. Alors quand Fabien m’a invitée à revenir sur scène pour faire le salut, il a fallu que je lève la tête parce qu’il y avait des gens super haut, parce que c’est immense, la salle Wilfrid-Pelletier. Le vertige m’a pognée, je ne pouvais pas croire que je venais de faire un texte que j’ai écrit, moi, toute seule, devant des gens qui me connaissaient fuckall à la salle Wilfrid-Pelletier – qui était sold-out.

Tu seras à Lavaltrie le 18 février, et ensuite au Quat’Sous les 26 et 27 février prochains dans le cadre du festival Montréal en Lumière. Mais ensuite, qu’est-ce que l’avenir te réserve?

Dans l’avenir proche, je fais un spectacle de théâtre à l’Espace libre, c’est la prochaine production du NTE, Collection Printemps-été, sur des textes de poésie féminine qu’on va présenter avec Salomé Corbo et Danielle Proulx dans une mise en scène de Christian Vézina. Pour Chrysalides, évidemment on va vouloir le faire tourner, donc s’il y a des gens qui sont intéressés à nous voir dans leur ville, dites-nous, on va aller faire un tour!

Propos recueillis par Chloé Leduc-Bélanger

Queen KA est sur Facebook, et vous trouverez tous les détails de Chrysalides au Théâtre de Quat’Sous ici!