Unknown Mortal Orchestra (crédit photo : Dusdin Condren)

Sur un vol Air Transat Paris-Montréal, une jeune Française dans la fleur de l’aventure prend place sur le siège voisin d’une presque aussi jeune Québécoise qui retourne au pays après l’escapade européenne obligatoire. Une semaine plus tard, les étoiles s’étant sans doute alignées dans le ciel atlantique, les deux filles se retrouvent une fois de plus côte à côte, cette fois en noms seulement, au bas du présent papier. Tout ça pour dire que le hasard fait bien les choses et bienvenue à Cloé Arrault dans l’équipe des Méconnus.

Cappa

Artiste : CAPPA
Album : EP
Étiquette : Indépendant

CAPPA, c’est une jeune fille aux cheveux décolorés et ça lui va bien. Originaire de Nashville, elle s’éloigne en tous points du style country de sa ville natale. Décalée sur le plan capillaire – tout autant que sur celui de la musique – l’Américaine nous offre avec son premier EP éponyme un son électro pop et indé à souhait qui, à l’instar de celui de Lorde avant elle, se couvre d’ombre avec des phrasés sensuels et étranges à la fois. Le titre à retenir : Killin’ it. Avec cette chanson, elle emprunte d’abord un chemin mainstream pour ensuite nous faire voyager vers d’autres horizons. Avec In The Morning, pièce plus mélodique, elle nous rappelle inévitablement Purity Ring. En somme, CAPPA adhère à l’idée d’une pop nouvelle génération et la fabrique aussi sombre que celle de ses concurrentes. Une voix qui attise sans brûler, qui se pose au bon moment, en contraste avec cette bonne production électronique épurée et métallique. Bref, this girl is Killin’ It! (CA)

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Artiste : Unknown Mortal Orchestra
Album : Multi-Love
Étiquette : Jagjaguwar

UMO, c’est essentiellement Ruban Nielson, 35 ans, Néo-zélandais, dorénavant résident de Portland (Oregon, É.-U.), père de deux enfants, et mari d’une femme par moment découragée d’avoir à torcher seule une progéniture pour permettre à M. l’Artiste de retaper des vieux synthétiseurs et des pédales jusqu’au petit matin pour ensuite mieux se barrer en tournée quand la besogne est sur ruban! Non mais! Multi-Love, c’est ce qu’il a fait de mieux. Disco-funk psychélique moderne avec entre autres clavecin et sitar (?) modifiés sur le thème de l’infidélité, du triangle amoureux ou de la bisexualité. Choisissez le point de vue, compatissez avec sa femme et pardonnez-lui tout dès la première mesure. (NR)

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Made in Height

Artiste : MADE IN HEIGHTS
Album : Without My Enemy What Would I Do
Étiquette : Height

J’avais conservé l’écoute de Without My Enemy What Would I Do pour mon retour de vacances. Comme si une partie de moi savait qu’au son de ce nouvel album du duo californien, j’aurais l’impression d’être encore perdue quelque part sur une route de France, un verre de vin à la main. Mais lorsqu’on écoute cette pop planante, les routes sont inutiles. Et les vacances aussi. Pendant que Murakami vous aide à déployer vos ailes, Slow Burn sert de parachute à toutes vos plus folles idées. Maintenant qu’on a trouvé le disque de l’été, ne reste plus qu’à trouver… l’été. (MEB)

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Florence

Artiste : Florence + The Machine
Album : How Big, How Blue, How Beautiful
Étiquette : Island Records

Enfin un troisième album de Florence et sa machine. Comme je l’ai toujours dit, le trois fait le mois, et How Big, How Blue, How Beautiful ne me contredit pas. Plus rock que la précédente cérémonie, mais non moins excellent, gageons que ce nouvel opus, produit par Markus Drays (Arcade Fire, Bjork), séduira un public plus grand encore. Des pièces qui donnent le vertige et l’envie de remettre à zéro le compteur de votre vie. Juste ça. Parce qu’on a qu’à lever les yeux pour voir combien c’est grand, c’est bleu et c’est merveilleux. (MEB)

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Artiste : Thee Oh Sees
Album : Mutilator Defeated At Last
Étiquette : Castle Face Records

On ne peut pas dire que John Dwyer et sa bande chôment. On les imagine plutôt verser du kérosène dans leurs Corn Flakes tous les matins, un couteau ébréché entre les dents et une cuillère tordue dans un poing aux jointures blanches. Pour pondre 11 bons albums sans longueurs en moins de 8 ans, on ne peut rechigner à la tâche et remettre en question sa démarche artistique. Avec l’étrangement titré Mutilator Defeated At Last, malgré les quelques ajustement stylistiques découlant d’une relocalisation à Los Angeles, Thee Oh Sees exprime à nouveau son essence lo-fi entre psych pop, krautrock et rock garage. Un chaos qu’on gagne à ordonner. (NR)

Marie-Eve Brassard, Cloé Arrault et Nicolas Roy