Photos : Kins

Qu’écouter aujourd’hui? Des riffs synthétiques à vous faire perler les chaussettes, un bonbon pour les inconditionnels d’alt-J ou Wild Beast, l’album australien de l’année, les petits moments d’un duo amoureux et du trip-hop extraterrestre. Que ceux et celles qui n’y prennent pas leur pied continuent de regretter l’annulation du spectacle de Nickelback au Festival d’été de Québec!

ratatat

Artiste : Ratatat
Album : Magnifique
Étiquette : XL Recordings

Cinquième doigt d’un groupe qui n’a toujours pas perdu la main, Magnifique nous arrive non comme une gifle, sinon dans un gant velouté, mais telle une chaleureuse salutation (tissée par une poignée de Cold Fingers), une paume ouverte nous invitant à la danse où l’on veut, même dans un deux-trois et demi (suffit de succomber à la Nightclub Amnesia). Ou alors pour stimuler le ménage du samedimanche matin (que l’on mette la Cream on Chrome ou utilise une dose d’Abrasive, l’effet semble récurant). Tantôt glissement sur les flows du canal évasion (que l’appel de la Drift vous intéresse, que vous n’optiez que pour la destination Supreme ou que vous empruntiez tout chemin vers Rome), tantôt mélo-beats du bonheur (l’au revoir émouvant transmis par un simple I Will Return), que vous soyez de nouveaux venus ou de nouveau venus chez Ratatat, cet opus vaut le détour. Et puis, oui, Magnifique, c’est. (Jean Lavernec)

•••

Kins Artwork

Artiste : Kins
Album : Cyclical
Étiquette : East City Records

De ce côté de l’Atlantique, on s’est peu, voire pas du tout, attardé au labeur du groupe britanno-suédois. Non, l’élégante araignée à quatre membres n’a pas encore tissé sa toile sur la blogosphère. Après un excellent brise-glace homonyme paru en 2013 sur East City Records et une tournée d’une année en soutien à Courtney Barnett, Kins récidive avec Cyclical, courte proposition de quatre vers d’oreille brillamment fignolés. Avec pour locomotive l’irrésistible Young, l’EP fait fi des préliminaires et entre de pleine voix dans le vif du sujet. Deux coups de baguette sur la caisse claire, un riff carré et un envol vocal précoce sont suffisants pour accrocher l’auditeur jusqu’à la finale de Little Dancer, pièce de résistance braisée au synthé graveleux de plus de huit minutes. Essayez de ne pas écouter une bonne dizaine de fois d’ici la semaine prochaine. (Nicolas Roy)

•••

Tame-Impala-Currents-final-packshot-1200px_800

Artiste : Tame Impala
Album : Currents
Étiquette : Modular Recordings

Comme un orage pendant un show des Foo Fighters, Tame Impala frappe fort. Un surprenant troisième disque où Kevin Parker, le leader de la formation psychédélique, range sa timidité au placard. Juste à côté des guitares. Beaucoup moins rock que ce à quoi les australiens nous ont habitué, Currents danse avec l’électro-pop, rappelant parfois un certain duo français qu’on n’a plus besoin de nommer. Bien sûr, certains seront tentés de leur reprocher ce changement de direction. Mais changement = évolution. Et ces nouvelles pièces s’adressent intimement à cette partie de nous qui désire évoluer. Un disque à écouter avec l’esprit ouvert et les fenêtres fermées. (Marie-Eve Brassard)

•••

1000 [Converted].eps

Artiste : Saratoga
Album : Saratoga
Étiquette : Ambiance ambiguës

J’ai aimé la rouquine dès que j’ai entendu sa jolie petite voix un peu douce, un peu nasillarde, qui contenait juste ce qu’il faut de country. C’était en 2012. À l’époque, son cœur n’avait pas encore croisé celui du contrebassiste Michel-Olivier Gasse. Et sa voix non plus. Saratoga n’était pas né. Saratoga. Ce projet folk où la voix et les textes de l’auteure-compositrice-interprète sont joliment colorés par les notes et le souffle amoureux de son homme. Lorsqu’elle chante, Chantal Archambault nous oblige a arrêter ce qu’on est en train de faire pour écouter. Écouter les mots qu’elles nous balancent en pleine face avec une douceur qu’on est incapable d’ignorer. Peut-être que les brouillons s’effacent, mais on espère que leur projet, lui, est là pour durer. (Marie-Eve Brassard)

•••

haelos

Artiste : Hælos
Album : Earth Not Above
Étiquette : Matador Records

Le trio londonien Haelos renverse les codes de la trip-hop avec son premier EP Earth Not Above. Avec seulement quatre morceaux, la formation n’a pas à nous convaincre de vous parler de ce petit bijou très haut perché. Les mélodies sortent tout droit d’un espace intergalactique que l’on pourrait nommer Haelos. Les pièces Cloud Nine et Breathe reflètent à merveille l’univers des trois musiciens : entre Jungle, Sylvan Esso, Massive Attack et Purity Ring. Avec deux sections de percussion et une chanteuse, on ne peut que se demander d’où sortent ces basses et ces synthés puissants et intenses. Spécialement avec le titre Earth Not Above qui reste de loin la meilleure étoile de cet univers. Cet EP a définitivement été conçu pour les extraterrestres en tout genre et les fanas de l’espace. A bon entendeur ! (Cloé Arrault)