Lakes of Canada

On vous propose quoi cette semaine? Un trio qui ne s’appelle plus Diamond Bones, un groupe vivifiant qui évoque une trempette revigorante, une fille weird de la Grosse Pomme, une fille normale du cinquième continent et un duo politico-versicolore. Notez qu’on vient d’apprendre un nouveau mot aujourd’hui.

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Artiste : Caveboy
Album : EP
Étiquette : Db Special

Besoin d’un autre groupe indie-pop où le synthétiseur est roi? Peut-être pas. Mais personne de ma connaissance n’osera se plaindre de l’arrivée d’une nouvelle formation exclusivement féminine. Surtout quand celle-ci possède autant d’éclat. C’est un premier EP pour Michelle Bensimon, Isabelle Banos et Lana Cooney dans le rôle de Caveboy. Anciennement actives sous le nom de Diamond Bones, les montréalaises nous offrent cette fois six chansons un peu sauvages qui méritent qu’on sacrifie notre dernière tranche de pain pour les apprivoiser. En plein cœur de mon déménagement, je cherchais « la » toune qui m’aiderait à oublier toutes ces #$%% de boîtes qui décoraient le salon. Something Like Summer m’a permis de vider une maison et d’en remplir une autre en dansant, sans voir le temps passer. Vous ne me croyez pas? Déménagez. Et vous m’en reparlerez. Au Cercle, à Québec, le 27 octobre. Et au Divan Orange de Montréal, le 28. (Marie-Eve Brassard)

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LakesOfCanada-Transgressions-V1 (1)

Artiste : Lakes of Canada
Album : Transgressions
Étiquette : Indépendant

Il y a toujours quelque chose d’émouvant à entendre des voix chanter à l’unisson, du gospel à Pitch Perfect – quoiqu’on puisse en dire de cette série de films. Ça change du chant solo ou duo, ce dernier semblant être un passage obligé pour une foultitude d’artistes installés. M’enfin, même s’ici ces voix – qui sont passées de deux à cinq au fil des dernières années – se trouvent bien en avant, il n’est pas question avec les Montréalais de Lakes of Canada de chant a cappella stricto sensu; car on a aussi droit sur ce deuxième album à une surprenante instrumentation, souvent à la fois battante et guitarélectrifiée (The Fall, Sons of G, Jezebel ou Speaker), parfois un brin acoustique (Handmaids 2), orguanique (Interlude 1 et Interlude 2) ou pianique (Transgressions). Quand il s’agit de survivre aux petits matins de fatigue ou de surmonter les coups de barre post-médiumniques, ces Transgressions vous énergiseront. Ne les manquez pas lors du lancement à Montréal, ce jeudi 15 octobre à La Sala Rossa (ouverture des portes à 17h00; spectacle à 18h15). Pour consulter les autres dates des spectacles à venir un peu partout au Québec en octobre et novembre, cliquez ici. (Jean Lavernec)

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222albumartweb

Artiste : Odetta Hartman
Album : 222
Étiquette : Nothern Spy

222 dure 22 minutes. Ça commence avec un crescendo de cuivre discret sur la cascade et sous le pépiement de l’alouette gulgule. Ça se déploie par l’égrenage tranquille d’un banjo de porche qui craque au couchant. Ça surprend à la première détonation du fusil qui chasse la canette derrière la grange. Ça effraye par cordes aux nœuds coulants et chœurs assonants. Ça déconcerte par utilisation surprise de rythmes dactylo programmés en finale. Et ce ne sont que les premières 114 secondes de l’album folk futuriste d’une jeune new-yorkaise au prénom d’un autre temps. Bluegrass, americana, folk traditionnel, musique psychédélique, enregistrement sur le terrain, l’amalgame de styles passé au mélangeur informatique, criblé de sons lourds et de choses étranges. Une belle déroute, dans le bon sens du terme s’il existe. (Nicolas Roy)

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ainslie

Artiste : Ainslie Wills
Album : Oh The gold
Étiquette : Indépendant

Vous l’avez négligée il y a deux ans lorsqu’elle a publié son premier LP, You go your way, I’ll go mine? C’est le temps d’y remédier. À l’époque, son jeune premier avait déjà été reconnu par les siens et nommé au Australian Music Prize ainsi qu’au Melbourne Music Prize. Depuis, l’artiste originaire de Melbourne gagne en maturité. On l’entend immédiatement sur Oh The Gold, qui est aussi, sinon plus, technique que le précédent et rempli de petits secrets que les chercheurs d’or sauront apprécier. Six pistes plutôt différentes qui ont en commun une même nostalgie. Six pistes, dont la douce Constellation qui plane au milieu de l’enregistrement. Octobre. Le mois idéal pour tomber en amour. (Marie-Eve Brassard)

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darkstar

Artiste : Darkstar
Album : Foam Island
Étiquette : Warp Records

Sur le plan musical, on dira que Darkstar brille toujours par son sens de la mélodie, délaisse le psychédélisme pastoral de News From Nowhere, retourne aux fondements dubsteb de North, avec en prime un synthétiseur modulaire pas désagréable du tout. Mais ne vous méprenez pas. Le troisième album du désormais duo britannique composé de James Young et Aiden Whalley, bien que joyeux et potelé au premier abord, traite de choses sérieuses, principalement du fossé qui se creuse toujours entre le nord et le sud de l’Angleterre, à la veille d’une élection qui reconduira au pouvoir quelques mois plus tard le Parti conservateur proaustérité de David Cameron. Plutôt que de taquiner les muses de la musique en studio, la paire a puisé son inspiration dans les rues de Huddersfield, à mi-chemin entre le Cheshire de Young et le Yorkshire de Whalley, au contact d’une jeunesse désenchantée dont les propos enregistrés saupoudrent l’album en guise d’interludes ou de mises en contexte. Un touchant tableau aux teintes grises qui ne tombe pas pour autant dans le panneau de l’album concept protestataire. (Nicolas Roy)