Here We Go Magic

Un Italien qui subjugue avec pas grand-chose. Un duo montréalais qui lance ce vendredi autre chose qu’une balle de Blue-Jays. Feu! Feu! joli Feu! ton ardeur nous réjouit. Un melting-pot rempli de crème de la crème. Et un groupe underdog en sol montréalais. Tout ça, pour vous, aujourd’hui, dans le TOP du TOP!

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Artiste : Here We Go Magic
Album : Be Small
Étiquette : Secretly Canadian

Flashback. On est en 2010, jeunes et beaux, fiers coqs dans la paille du poulailler du Métropolis, au spectacle de Broken Social Scene. Here We Go Magic, Luke Temple à sa tête, assure la première partie. Ça caquette sur le parterre, mais j’en fais fi. Je n’ai d’yeux que pour Jen Turner, tout juste vêtue d’une robe écarlate moulante et d’une grosse basse pesante. Flashback un peu moins loin. On est en 2011, honteux et mal à l’aise dans un Lambi presque vide, au spectacle de Here We Go Magic, avec AroarA et Citizenship en première partie. Je suis déçu, Jen n’a pas la même dégaine sur une petite scène. Retour vers le futur. On est en 2015, la bande de Temple est à nouveau de passage à Montréal, au Divan Orange ce 26 octobre, pour nous offrir les joyeux morceaux de son nouvel et excellent album Be Small. Je parie cette fois le convecteur temporel de ma DeLorean DMC-12 que ça va être plein et bon. Pour savoir comment ça sonne, lancez la vidéo YouTube. J’ai déjà dépassé la limite de caractères imposée. (Nicolas Roy)

Pour le détail du spectacle, c’est ici.

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Artiste : Ludovico Einaudi
Album : Elements
Étiquette : Ponderosa Music & Art

Le premier lever de nuages sur ses gouttelettes en surfusion. L’amerrissage du cristal sur l’ondée qui flue sur la nervure. Le pétiole qui cède. La feuille qui rejoint l’hécatombe. L’effet du vent de la saison pâle. Le vert recouvert de rouge. L’orange qui tire sur le jaune. Et bientôt le blanc partout. Elements, c’est ce que j’écouterai sur la route longue quand les jours seront courts et que les petits flocons qui tournoient dans la tempête imiteront les grandes étoiles. Ça touche à l’« infiniment des deux bords » comme dirait quelqu’un de bien qui s’y connaît encore mieux. (Nicolas Roy)

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Artiste : Majical Cloudz
Album : Are You Alone?
Étiquette : Arts & Crafts

Au grand désarroi de ceux qui m’entourent, quand j’aime une chanson ou un album, je le réécoute en boucle, avec l’impression que la fonction « loop » a été inventée pour moi, à défaut de l’être par moi. Et c’est en loop que j’écoute Are You Alone? depuis son arrivée. Après Impersonator, paru en 2013, le duo montréalais semble s’être laissé emporter par une douce légèreté. L’œuvre bouleverse par sa simplicité, l’amour déborde de partout, les mots sont presque des silences qui s’effacent sur chacune des notes qu’ils frôlent. Résultat : chaque pièce écoutée se creuse une place dans notre subconscient débordé. Et on passe nos journées à fredonner. Un parfait remède contre le manque de clarté. (Marie-Eve Brassard)

Pour le détail du lancement, ce vendredi 23 octobre au Centre Phi, c’est ici.

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Artiste : Feu! Chatterton
Album : Ici le Jour (a tout enseveli)
Étiquette : Barclay/DEP

Ils se rencontrés non pas à Harlem, mais c’était presque hier, sur les bancs du lycée, à explorer ad vitam æternam les uns des ostinatos de guitare, l’autre, prose comme poésie en tête, Bic médium en main, le tissage de mots d’ici et maintenant encor que d’autres, aliénés à travers les âges, renés en ces plages. Puis d’autres se sont joints à eux, puis partis vers le pays des palmes… enfin ne sont restés que ceux qui avaient le feu rouge silence, celui qui coulait dans les veines de Chatterton. D’où le nom, qui sait? Allez leur demander encore une fois, pour voir. Qu’ils aient écouté, réécouté, adoré, Led Zeppelin, Pink Floyd, Radiohead, Gainsbourg, Bashung, Neil, d’accord – et comme combien d’autres avant, pendant et après eux? –, mais nous ont évité le mauvais goût de les singer depuis leur arbre, un ricin, nul doute. Grâce à l’offrande d’une virée sous la tempête à bord du Côte Concorde, d’une marche sur le Pont Marie au bras de La Malinche, d’un vol Fou à lier en Boeing aux côtés d’Ophélie ou d’une Mort dans la pinède à étendre nos 17 ans le long du Léthé, ces cinq étoiles dans la nuit sont nées, car le jour a tout enseveli, en nous livrant une musique qui invite à prendre le large et en redonnant le goût de la langue française à la jeunesse, qui en a sacrément besoin, là-bas comme ici, croyez-moi. (Jean Lavernec)

Pour lire l’interview avec le chanteur et parolier de Feu! Chatterton, c’est ici.

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Artiste : Esmerine
Album : Lost Voices
Étiquette : Constellation Records

Esmerine, c’est un creuset de musiciens d’ici à ne pas prendre à la légère. Les plans d’origine sont maculés d’abord des empreintes du percussioniste Bruce Cawdron (Godspeed You! Black Emperor) et de la violoncelliste Rebecca Foon (Thee Silver Mt. Zion, Saltland), puis de celles, au fil des ans et des albums, de la brochette usuelle des meilleurs collaborateurs du giron (Andrew Barr, Patrick Watson, Sarah Neufeld, Colin Stetson, etc.). Sur Lost Voices, avec Jamie Thompson, Brian Sanderson et Jéremi Roy aux côtés de la paire fondatrice, Esmerine poursuit son opération de ravissement en proposant un post-rock de chambre tamisé(e) où frémissements de mèches de crins sur cordes et touchés veloutés de feutres sur lames appellent guitare ou basse tranchante et batterie bien découplée. À écouter le soir en regardant fondre le glaçon dans la liqueur. (Nicolas Roy)