Qu’il s’agisse de préserver la culture ou de dénoncer des phénomènes sociaux, Mylène Bouchard est de tous les combats. Son arme de prédilection : la plume.

Originaire du Saguenay, elle s’y est réinstallée depuis 2006, année qui fut également marquée par la publication de son premier roman, Ma guerre sera avec toi, premier ouvrage à paraître chez les éditions La Peuplade, dont elle est co-fondatrice.

Sans me lancer dans l’étalage de sa biographie, ouvrages parus à ce jour et faits amusants la concernant, je trouvais intéressant d’établir le côté touche-à-tout de l’écrivaine à qui l’on doit plus récemment Ciel mon mari, car ce recueil de nouvelles est traversé par la polyvalence et la curiosité dont fait preuve Mylène Bouchard dans sa conception du monde.

Composé de 20 nouvelles, le recueil est un hymne à la vie, une lutte pour son appréciation. De l’émerveillement à l’accoutumance, jusqu’à la rupture puis la tentative de reconnexion,  le lecteur est amené à adopter diverses attitudes au contact des nombreux protagonistes et de leurs perspectives.

Amoureuse de la culture, Mylène Bouchard l’exploite dans ses sphères les plus variées : par l’illustration d’une chanson, dans des références aux écrivains, mais aussi dans la forme que prennent ses textes. Ciel mon mari, passe de l’épistolaire à la poésie ou du radio feuilleton à l’éditorial, comme il passe d’un enfant laissé à lui-même à une écologiste engagée, en s’arrêtant au passage sur les agissements d’une exhibitionniste en carence d’amour maternel.

L’environnement, le voyage, les rencontres fortuites ou forcées, le flux migratoire d’une population ou les crises existentielles, Mylène Bouchard les décortique, analyse, fabule.

C’est un livre qui gagne à être relu, car des liens se tissent progressivement  entre les nouvelles tout en demeurant entièrement autonomes : elles se complètent par l’addition des perspectives, mais il demeure essentiel qu’elles ne soient pas fusionnées, car c’est dans leurs contrastes qu’apparaissent leurs affinités.

Je n’ai qu’une seule contre-indication : ne pas lire ce recueil en étant pressé. Il se déguste, mérite de décanter. Si on réussi à bien lire ce livre, c’est qu’on se rapproche du but qu’il vise : apprendre à apprécier les choses simples, car elles sont les plus grandes richesses que l’on possède.

– Vickie Lemelin-Goulet

Ciel mon mari, Mylène Bouchard, La Peuplade, 2013