C’est du haut de mon 1m63 et de mes 18 ans que je m’attaque à la chronique hebdomadaire culturelle au sein des Méconnus. Bavarde de tempérament et grande amoureuse des arts (même martiaux), j’ai eu envie de reprendre la rédaction après quelques expériences fumeuses au sein de webzine musicaux. Aujourd’hui, c’est dans le domaine de l’art plastique que je place mon papier! Cependant est-ce suffisant de parler des grandes scènes de l’art plastique belge et international quand on peut aussi parler de ceux qui vivent parmi les méconnus (on m’excusera du jeu de mots.)? Donc résumons: du classique, du moins classique, mes impressions et les expos à voir lors d’un passage éclair à Bruxelles, capitale qui n’a pas dit son dernier mot!

Petit regard cette semaine sur ce qui se passe au classique Bozar de Bruxelles, musée incontournable qui héberge les expositions les plus prestigieuses de la capitale.

Ce mois-ci, c’est trois expositions plutôt différentes qui prennent fin :

Neo Rauch, Rauch, 2005, Privatsammlung, courtesy Galerie EIGEN + ART Leipzig/Berlin und David Zwirner, New York/London – Photo: Uwe Walter, Berlin

1. Neo Rauch, première exposition dédiée au peintre sur le territoire belge, qui s’achève le 19 mai. Exposition qui fut nommée “Must-see” de la sélection 2013 par le New York Times Arts Guide.Considéré comme une figure emblématique de la peinture contemporaine, le peintre nous expose une rétrospective de son travail, dans un sens anti-chronologique tout au long de la visite.Un travail qui souffle la révolte, et qui suscite bien des questionnements de la part du public, laissé sur sa faim par l’absence d’audio-guides ou de textes explicatifs.

2. On survole rapidement la deuxième exposition touchant à sa fin: Changing States:  Contemporary Irish Art & Francis Bacon’s Studio, qui prendra également fin le 19 de ce mois. Attention : Celle-ci n’est finalement pas comme promis une reconstitution de l’atelier de l’artiste Francis Bacon, mais bien des photographies de cette pièce. En parallèle, on retrouve une sélection d’œuvres modernes importées du Dublin City Gallery The Hugh Lane, petite sélection constituée d’une vingtaine d’œuvres, dont les créateurs sont élevés au rang de précurseur de l’art moderne irlandais, devenu international.C’est avec déception que j’ai traversé la salle d’exposition, sans même avoir acheté ma place pour celle-ci. En effet, elle servait partiellement de hall d’entrée à la troisième exposition présentée aujourd’hui…

Antoine Watteau, La Partie Carrée (detail), Fine Arts Museum of San Francisco, Museum purchase, Mildred Anna Williams Collection 1977.8

3. Je parle de l’exposition Antoine Watteau. La leçon de musique., présentée jusqu’au 12 mai. Commedia Del Arte, flûte ou concubinage, voilà une belle révélation pour ce mois de mai. Antoine Watteau représenté sous ses multiples facettes, que ce soit par ses œuvres ou par le trait assassin de la sanguine de Francois Boucher, Bernard Baron ou encore François de Troy, c’est un travail bien exotique qui nous est présenté par cet artiste qui n’est jamais allé plus loin que Londres! Et c’est avec le sourire que le challenge de rendre Watteau attrayant au grand public est relevé par l’équipe du Bozar : salle audiovisuelle, exposition d’instruments de l’époque présents dans les œuvres du peintre, partitions ou même lecteurs musicaux disposés aléatoirement… On s’y balade sans regarder l’heure, et l’apprentissage de l’une ou l’autre anecdote se fait de manière ludique. Une belle réussite, pour cette exposition qui néanmoins ne ferme pas le rideau sur Watteau puisqu’en effet, des concerts ainsi que colloques se dérouleront jusqu’à la fin du mois sous son signe. http://www.bozar.be/

 

Et ailleurs?

Bah oui, parce que la vie culturelle à Bruxelles, ne se limite pas à celle des musées, et des galeries. Pour une fois, c’est vers la rue que l’on se tourne. On ouvre l’œil et on tourne les phares sur OBETRE. Jeune artiste bruxellois, graphique mais surtout social, c’est avec stupeur que je découvre son projet Legalize Grafitti. Nombreux sont les plasticiens et révoltés qui se frottent à ce rugueux projet qu’est la légalisation du graffiti.Alors pourquoi est-ce différent pour Obetre?

Bien parce qu’il ne suffit pas de dénigrer les failles d’un système trop autoritaire, et ça, notre jeune artiste l’a bien compris.Sculptures, textes, pétitions et même estimation des charges encourues, Obetre plonge la tête la première dans ce projet, et c’est avec l’omniscience d’un engrenage de machine qu’il nous dévoile ses craintes, envies et ses rêves.

Un artiste qui a du cœur, mais qui garde les pieds sur terre,

Je vous invite à déambuler dans les méandres de son univers par le biais de son site internet! http://obetre.net/legalize-graffiti/

Et rendez-vous mardi prochain pour une nouvelle chronique!

– Ophélie Jacob