Écraser l’autre, Zephyr

Bonjour chers lecteurs/lectrices,

Nous nous retrouvons pour une chronique qui a un petit coup de mou, vous l’avez sans doute déjà compris. Cependant, ça n’est pas parce que je reste cloitrée chez moi en cette douce période d’examens que nos petits plasticiens chéris font de même.

Alors What’s up dans le musée cette semaine? Beaucoup de choses, plus ou moins intéressantes, mais deux d’entre elles retiennent mon attention:

 

Maniac Shadows: installations – Chantal Akerman

Exposée actuellement au Bozar de Bruxelles, je n’ai pas encore été fourrer mon nez dans le travail de Chantal Akerman. Pourtant, l’idée qu’une réalisatrice contemporaine ayant déjà une belle palette de films à son actif( Là-bas, La Paresse, La folie Almayer..) nous dévoile une autre facette de son talent ne me laisse pas de marbre.

Alors en quoi est-elle rock?

Et bien imaginez-vous face au travail d’une femme issue d’une famille juive polonaise, imaginez qu’elle met en scène des installations reliant directement (pour la plupart) les caméras de ses appartements (New-York et Bruxelles, principalement) mêlées au son de sa voix lisant des lettres à sa mère. Touchant n’est-ce pas?

Mais la talentueuse artiste ne s’arrête pas là, et c’est une manie chez elle. Que ce soit l’histoire délicate de sa famille, d’une communauté, ou d’une seule personne, Chantal ne se tient pas à son rôle de narrateur omniscient, et c’est à manches relevées qu’elle attrape ces sujets qui font mal. Alors introspection, essai, expérience dont nous sommes les cobayes entant que visiteurs/spectateurs?

Je dis oui!

Avis aux amateurs de sensations fortes et aux écorchés vifs, c’est jusqu’au 26 mai!

 

Zephyr

Le deuxième artiste présentée cette semaine s’appelle Zephyr.

Jeune artiste dont le nom pourrait laisser penser qu’il est aussi rempli de vanité que de talent, on se laissera facilement convaincre du contraire après une visite intergalactique de son site. Collages, illustrations réalisées sur Paint et dessins à la facture grossière, c’est donc grâce à cet fausse accessibilité visuelle que l’on aborde le travail de l’artiste.

Avis aux puristes, et autres adeptes du fameux: «Mon gamin pourrait faire pareil», l’art de Zephyr, ce n’est pas seulement l’épuration stylistique, c’est surtout une démarche artistique réfléchie. Et c’est un artiste qui en a gros sur la patate qui revêtit son manteau d’enfant, pour pointer de son joli doigt d’adulte les failles de notre petit système.

Cliché? Peut-être, mais sans révoltés, y aurait-il encore une raison de faire de l’art?

Cessons les bavardages, et commençons la semaine comme il se doit:  enterthezephyrspaceship.tumblr.com

– Ophélie Jacob