Nous utilisons dans notre travail la gravité, la force centrifuge, la chaleur, le feu, tous ces éléments, de sorte que nous n’avons pas la maîtrise totale du processus. Il faut jusqu’à un certain point laisser le verre créer la forme. » – Dale Chihuly

Chihuly a beau dire ; ses œuvres de verre témoignent d’un doigté hors du commun, d’une connaissance parfaite du médium. Des milliers d’éléments distincts, minuscules ou grandioses, composent chacun des lustres, chacune des tours, chacune de ses installations.

Le pavillon Michal et Renata Hornstein du MBAM s’est métamorphosé en forêt enchantée. On s’attend presque à voir surgir des paysages féériques créés par l’artiste des petits lapins blancs ou des hippocampes fluo. De son propre témoignage, Chihuly s’inspire par-dessus tout de son enfance et des lieux qu’il a fréquentés étant jeune ; il tente de nous faire redevenir tout petit avec lui, dans un univers de couleurs attrayantes, de bulles immenses et de coraux séduisants.

Dans l’ensemble, sans dépasser les limites posées par le cadre d’une exposition traditionnelle de Beaux-Arts, sans nous faire réfléchir à outrance, Chihuly fait tout de même passer un bon moment. Un moment de détente. Évidemment, le fait qu’on apprenne en visitant l’exposition que chaque œuvre délicate nécessite une armature de plusieurs centaines de kilos ou que les élancés Roseaux turquoise ont été soufflés à l’aide d’un élévateur mécanique n’enlève rien à l’émerveillement, bien au contraire.

– Anaïs Savignac

Chihuly, jusqu’au 20 octobre au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Pour plus d’informations : http://www.acouperlesouffle.ca