Qualité Motel

Le festival Coup de cœur francophone a donné son coup d’envoi pour l’édition 2018, jeudi dernier. Comme chaque année, l’événement fait briller le talent d’artistes issus de la francophonie internationale, et ce, au sein de lieux de diffusion montréalais variés.

Voici le compte rendu de mon épopée pour ces premières journées de festival…

Qualité Motel – 2 novembre

Vendredi soir, nous sommes arrivés en trombe au Club Soda pour capter les premiers arômes du groupe Qualité Motel, qui s’imbriquaient parfaitement dans notre mode du moment : festif à souhait!

L’esthétique comme une exquise caricature assumée des années 2000. Les gars arboraient des chemises dragon de type danse dans le sous-sol chez Valérie et Tornade à la limonade, ainsi que des verres fumés très sombres en format plastique.  Derrière eux, du lettrage aux couleurs vibrantes d’un kitsch réconfortant. La personnification des années-ish du grand bogue s’étirait jusque dans le choix des échantillonnages et des séquences, avec par exemple les très cochonnes My Neck, My Back (Khia) et SexyBack (Justin Timberlake). Ce qui jouait à faire augmenter l’hystérie globale dans la salle.

Le groupe, qui rappelons-le est le projet 100% électro des cinq membres de Valaire, a entamé son lancement-spectacle avec la sautillante Piscine Pool. Si son nouvel album C’est pas la qualité qui compte regorge d’artistes invités, sur scène le public n’a pas été laissé en reste non plus. Rapidement, le groupe a été rejoint par le rappeur FouKi pour la pièce Presque par cœur. Se sont succédés à intervalles les invités de choix Béni BBQ, Alan Prater (The Brooks), Karim Ouellette, Les Louanges, Blve, Sarahmée et Fanny Bloom.

Le nouvel album de Qualité Motel, «C’est pas la qualité qui compte»

Le but de la formation est clairement de mettre le feu aux planches, pour que tous se sentent lousses du bassin et à point dans son street dance game. C’est exactement ce qui s’est passé avec moi et avec tous les autres autour aussi, d’ailleurs. Alors que je perdais tour à tour les gens m’accompagnant, sur la trame S.F.C.B.G., entre deux coups de coude à l’eau de cabernet sauvignon cheap, j’en suais mon exaltation. Je me suis clairement époumonée sur les séquences d’airs connus de manière beaucoup trop impliquée, comme sur Du plaisir (Jean-François Breau),  I Think of You (Gregory Charles), Sunglasses at Night (Corey Hart), Hotel California (Eagles) et Party de gars (Mixmania).

J’ai su que le party était vraiment pogné quand une bonne soixantaine de comparses dansants se sont rués sur la scène pour vivre leur moment de gloire. Pour vrai, c’était beau.

La soirée s’est conclue sur le succès Basilic, mettant en vedette un faux discours hilarant de Christian (curieux) Bégin. La foule en cœur rappait «C’pas du romarin, c’est du basilic».

Merci les gars pour la soirée et on retient la leçon : C’est pas la qualité qui compte, c’est la quantité!

Beat Sexü – 3 novembre

C’est la bouche un peu pâteuse que je me suis dirigée vers le Ausgang Plaza pour voir jouer Beat Sexü, samedi soir.

Le groupe était venu tester son nouveau matériel, car en effet leur set n’était constitué que de nouvelles compositions charnelles, extirpées d’un album en construction.

Parmi elles, la sensuelle Faire l’am qui a ouvert la soirée, un peu découpé comme la chanson Chewing Gum Fraise, avec plus de clavier et plus de mini-jupes. La tentation… Faire l’amour… S’enlacer… Déjà les premières notes donnaient chaud.

Malgré la foule éparse dans ce grand lieu, le quatuor originaire de Québec a su faire décoller la paillette légèrement cramponnée à la timidité initiale du public. Un noyau chatoyant de têtes se densifiait à mesure des montées funk et des cascades de claviers planants.

Si les pièces emboîtées semblaient parfois légèrement linéaires, l’ensemble formait une fluidité incontestable. Les longues sections instrumentales modulaient comme le souffle orgasmique en haleine de procesco, un soir d’été dans un appart incandescent. Une soirée d’amour en corps connu et frenchs fragmentés de particules multicolores.

Jean-Étienne Collin Marcoux, le suave chanteur principal, s’activait sur sa batterie au centre de la scène, alors qu’Odile Marmet-Rochefort, magnifique au-dessus de son clavier, habitait le côté jardin. Quant aux autres membres, Jean-Michel Letendre Veilleux à la guitare et parfois en mimétique bubble head, ainsi que le psychédélique Martin Teasdale à la basse, se mouvaient du côté cour. Sous une lumière tamisée, tous exhibaient une touche partielle de rouge ardeur, dans une unicité de groupe et un plaisir contagieux.

Beat Sexü / Photo : Caroline Perron

Le mur derrière était recouvert de gros plans de bedaines fluffly de félins, qui tournoyaient lentement sur eux-mêmes. Alors que du plafond pendait des morceaux de fausses pierres plates, suspendues à l’aide de chaines dorées.

L’album promet d’être très charnel, disco-rock, avec beaucoup de clavier nuage, de reverb et de funk. C’était une superbe prémisse d’envoi pour leurs nouvelles compositions.

Chansons jouées

Faire l’am
Sous ta robe
Jambes
Seulement si tu veux
Éro
Danse Mix 95
Plumage
Dirty Jim

Le Coup de cœur francophone se poursuit jusqu’au 11 novembre. Pour les détails sur la programmation, c’est ici.

– Audrée Loiselle

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