Vous rêvez de voir Casse-Noisette des Grands Ballets Canadiens, mais le coût exorbitant des billets freine vos ardeurs ? Optez pour la compagnie Ballet Ouest de Montréal. Ils étaient de passage au Centre Pierre-Péladeau dernièrement pour une version tout aussi enchanteresse du classique des fêtes Casse-Noisette, célèbre conte de Hoffman qui a inspiré le célèbre compositeur Tchaïkovski.

Du multimédia qui tombe à plat

Bien qu’il n’ait pas recours aux prestigieux moyens des Grands Ballets en matière de costumes et de scénographie, Claude Caron, directeur artistique de Ballet Ouest de Montréal,  s’est inspiré des éléments de décor conçus lors de la première représentation du ballet en 1892 à Saint­-Pétersbourg. Ainsi, un immense escalier projeté sur une toile meuble l’arrière scène. À son sommet, un arbre de Noël scintillant. Une horloge sur pied trône sur la scène ainsi qu’un foyer.  À défaut d’avoir un orchestre, le metteur en scène a voulu en mettre plein la vue avec des projections multimédias, confiant cet aspect féérique à Jérôme DeLapierre et Tinkerbell Media. Le résultat est néanmoins décevant, notamment l’effet de rétrécissement lors de cette nuit où Clara rejoint le monde féérique de Casse-Noisette. Son oncle Drosselmeyer, merveilleusement campé par Yanick Turcotte, use de ses pouvoirs pour zoomer le sapin en arrière plan de la scène. L’effet de magie désiré s’estompe plutôt dans un effet banal et amateur. Un Casse-Noisette humain, c’est-à-dire un vrai danseur vêtu d’un costume de soldat apparaît au sommet de l’arbre. L’effet est pour le moins étrange et le sens absent. Quant à Confiturembourg, le Royaume des délices, des pâtisseries et confiseries aux couleurs criardes et peu ragoûtantes dessinent le cadre autour des danseurs. Les images choisies ne concordent pas avec l’esthétique somptueuse et fantasque des Casse-Noisette raffinés auxquels on s’attend.

Des interprètes de haut calibre

Au-delà de l’enveloppe, il y a le contenant. Ce qui importe, c’est le talent des interprètes et la beauté des chorégraphies. Dans le rôle de Clara, la jeune Sofia De Filippo nous charme littéralement. D’ailleurs, je salue la propension des enfants à acter et pas seulement exécuter des pas de danse. Notamment, Noah Turcotte dans le rôle de Fritz, petit garnement qui nous décroche un sourire malgré ses retombées fragiles lorsqu’il exécute ses pirouettes.

Les festivités organisées par la Fée Dragée et le Prince Orgeat  pour remercier Clara d’avoir sauver leur fils sont époustouflantes. Les numéros de danse s’enchaînent aux couleurs de L’Espagne (la danse des Turrón), de la Turquie (les Loukoum), de la Chine (les Gingembres confits) et de la Russie (les Paskha).  La Valse de l’Eau de rose ne laisse personne indifférent. Mais le numéro de clôture de ce monde enchanté interprété par la Fée Dragée et le Prince Orgeat (Isabelle Paquete et Luca Carano) est d’une beauté sublime. Cette pièce m’extirpe toujours une larme et la tradition a été respectée une fois de plus.

Si je n’ai pas été totalement rassasiée, en ce sens où je croyais mon envie d’assister à une production des Grands Ballets refoulée, je demeure encore soumise à la tentation. Toutefois, cette proposition constitue une belle initiation à une œuvre magistrale qu’est Casse-Noisette… dans l’éventualité futuriste de se téléporter dans une salle de la Place des Arts.

– Edith Malo

Casse-Noisette de Tchaïkovski présenté par Les Ballets Ouest de Montréal. Chorégraphié et mis en scène par Claude Caron. Pour plus de détails, c’est ici.

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