Il y a définitivement eu un petit buzz à la sortie du premier album de Caltâr-Bateau en décembre 2013, Verbal Boisson #7. Assez vite, je me suis rendue compte que les shows de la formation « swing-hop et mélodrame » affichaient complet. Que les gens en parlaient en bien (très bien). Qu’ils en redemandaient, même. Je me suis d’ailleurs penchée sur ce beau succès ici. Quelques mois plus tard, la poussière de la sortie du premier opus retombée, Caltâr-Bateau est loin d’avoir eu son lot d’attention. Rencontre au sommet (au Thé de Cru, plus précisément).

En tout, ils sont six : Alexandre Beauregard (voix, guitare, mandoline), Étienne Dupré (basse, guitare, banjo, voix), Eliott Durocher (guitare, synthétiseur), Mandela Coupal Dalgleish (batterie), Elyze Venne Deshaies (saxophone, clarinette, clarinette basse, flûte, voix) et Alex Guimond (voix, choeurs). C’est avec les deux premiers, les têtes pensantes de Caltâr-Bateau qui s’occupent autant des textes que de la musique, que j’ai eu la chance de jaser devant un bon thé au jasmin!

 

Des projets, en voulez-vous? En v’là!

Et où en sont-ils, ces musiciens qui ont marqué les oreilles il y a quelques mois? « En pleine préparation du deuxième album! On veut que les gens sachent qu’on ne se contentera pas d’un opus. On va revenir! » explique Étienne. Nous voilà ravis. Alors, comment ça s’annonce? « Quand on a fait le premier album, on pensait déjà au prochain. On compose beaucoup, au gré de ce qu’on vit. Maintenant, on a un regard extérieur sur notre musique. On sait plus ce qu’on veut dégager, exprimer. Pour le deuxième, ça s’enligne pour un résultat moins garroché, plus réfléchi. Mais pas nécessairement moins complexe. »

Dans cette optique, le groupe se prépare à l’enregistrement qui aura lieu fin août dans une église à Farhnam. Et pas n’importe quelle église : Arcade Fire en avait fait son quartier général avant que son succès devienne un brin fou. Depuis, c’est Emery Street, un petit studio d’enregistrement, qui en a pris possession. La formation sera accompagnée de deux artistes visuels, qui s’occuperont respectivement de la réalisation de la pochette de l’album et d’un docu-fiction « qui sera complet en lui-même. Ça va être fou! » s’enthousiasme Alexandre. Câltar-Bateau se dirige donc vers un enregistrement plutôt intense de trois semaines. « On va y être jour et nuit. Ce qu’on fait là, ça aurait pu nous coûter 30 000$ à Montréal. C’est un retour aux sources dans une industrie du disque qui va mal. »

 

Parlons-en, du financement…

Le titre de l’article le dit : personne n’a encore pris le groupe sous son aile. Si les propositions commencent à se pointer, Caltâr-Bateau est toujours un agent libre qui monte en flèche dans le paysage musical. Étienne et Alexandre, imaginatifs, cherchent présentement des moyens originaux de faire vivre leurs projets. « On va de plus en plus vers le financement alternatif. On n’hésite pas à aller du côté de l’imagination. Disons qu’on a les méninges qui spinnent! » avoue Étienne. « On essaie de prendre de nouveaux chemins. D’être ouverts. » ajoute Alexandre.

Maisons de disques, subventionneurs, mécènes en mal de bonne cause : le message est passé. Fans ou amoureux de musique de qualité : restez à l’affût. Câltar-Bateau n’exclut pas la possibilité de recourir à des sites de financement collectif ou même à des événements bénéfices.

Et quand c’est si gentiment amené, comment résister?

– Mélissa Pelletier