Isabel Vaillancourt (Mauvaises fréquentations, Les enfants Beaudet) est une autrice de la région d’Abitibi-Témiscamingue. Sa pratique comprend surtout des romans jeunesse, mais c’est avec un carnet d’écrivain qu’elle ouvre l’automne.

Deuil de longue haleine

Au travers des pages de Ça va aller, l’autrice nous invite dans ses pensées et réflexions, dans son quotidien et dans sa maison. Sa principale préoccupation réside dans la mort anticipée de son compagnon de vie. Atteint de démence, son amoureux n’a pas de chance d’aller mieux selon le médecin. La narratrice doit, peu à peu, se faire à l’idée qu’elle sera bientôt seule. C’est donc dans ce deuil avant décès que nous suivons l’auteure qui tente de maintenir un quotidien inchangé.

La forme de carnet d’écrivain semble bien s’adapter à son récit autobiographique. En effet, chaque pensée se situe dans l’immédiat et dans l’espace de son chez-soi. Vaillancourt dresse avec poésie son parcours de tous les jours, son appareil photo en mains, sa belle rue Ste-Bernadette, ses petits-enfants en visite. On se sent chaleureusement accueillis chez elle. Ces observations sont minutieuses ; elle détaille le moindre détail chez ses animaux de compagnie autant que chez son voisin (affectueusement appelé le vagabond).

Nombreuses inspirations

Entre deux regards sur l’extérieur, c’est plongée dans ses lectures et dans la musique qu’elle écoute que l’autrice nous emporte. Très souvent, cette dernière se compare avec un peu de futilité à Kafka, Nelligan, Flaubert ; tous des auteurs qui n’ont plus à bâtir leur réputation. Ces comparaisons, bien que l’on saisisse le sens du carnet et de son écriture franche et spontanée, ne servent à rien ni personne. Vaillancourt idolâtre des figures intouchables en se disant qu’elle ne leur arrivera jamais à la cheville. C’est naïf comme remarque et tend à tomber dans le registre « journal intime », et ne contribue ni au récit ni à la réflexion personnelle que peut se faire le lecteur, surtout que ces comparaisons sont nombreuses. Ces inspirations, donc, enrichissent cependant notre compréhension de l’univers de l’autrice. Les mouvements et concertos qu’elle décrit, eux, alimentent bien mieux son écriture et sa poésie.

Le carnet est intéressant pour ceux qui aiment lire sur la pratique artistique, sur l’écriture elle-même et sur l’autoréflexion littéraire.

– Victor Bégin

Ça va aller, Isabel Vaillancourt, Lévesque éditeur, 2018.

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