Dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal, le Cinéma du Parc présente, du 1er au 7 juillet, le documentaire Brandford Marsalis : The Sound Illusionist, un film sur le réputé saxophoniste que l’on connaît pour ses collaborations avec Sting, Tina Turner, Spike Lee et pour son Quartet éponyme.

Disons-le tout de suite, il ne s’agit pas ici d’un documentaire très original qui soulèverait les passions et donnerait envie d’une soirée enlevante à la Nouvelle-Orléans, et c’est peu dire, parce que  personnellement, j’ai toujours envie d’une soirée enlevante à La Nouvelle-Orléans. Le film retrace la carrière du musicien avec, comme prétexte de départ, un concert qu’il donne. Loin d’une forme jazz, nous avons ici droit a une série d’entrevues avec Marsalis entrecoupées d’extraits musicaux allant de « When the Saints Go Marching In » à des improvisations dans une chapelle en passant par un concert donné avec Sting. Il y a bien quelques témoignages et quelques images du musicien errant dans la ville et dînant chez des amis, mais rien de bien substantiel pour les vrais fans de jazz ou de documentaire.

Le musicien apparaît éminemment prétentieux partageant ses anecdotes sur les grands musiciens de ce monde avec l’attitude de Cléopâtre accordant un baisemain à quelques vulgaires Romains. Il peut se le permettre, c’est un excellent musicien qui a des amis encore plus grands et excellents que lui, mais le film ne réussit pas à rendre sympathique cette désinvolture. Qu’on me comprenne bien, j’aime profondément ces artistes qui savent un peu trop ce qu’ils valent; les Kanye West, Spike Lee et MIA de ce monde m’enchantent. Je ne crois pas que Brandford Marsalis soit le problème (bien qu’il ne soit pas de la trempe de Kanye, MIA ou Spike Lee). La personnalité du sujet peut toujours être magnifiée par une bonne scénarisation et une réalisation intelligente, pensons à Beltracchi, The Art of Forgery de Birkenstock, par exemple. Non, le problème de Brandfort Marsalis : The Sound Illusionist, c’est sa réalisation paresseuse, sans surprise et son absence quasi totale de scénarisation.

La longue entrevue avec une seule prise de vue qui constitue la presque totalité du documentaire manque d’imagination et les extraits de spectacles sont inégaux et ne rendent pas justice au talent et à la sensibilité de Marsalis. Être à La Nouvelle-Orléans avec un grand musicien de jazz et s’ennuyer royalement, c’est difficile à pardonner. Bref, beaucoup trop conventionnel et attendu, un peu comme, trop souvent, les spectacles en plein air du Festival de jazz.

Brandfort Marsalis : The Sound Illusionist est finalement, un film très ordinaire, encore moins enlevant qu’une Musicographie de Musimax. Je préférais de loin Brandfort Marsalis avant de voir ce documentaire. Pour plus de jazz et moins d’ennui, je conseille vivement de revoir School Daze ou Mo’better Blues de Spike Lee, le trompettiste y joue et participe aux trames sonores. Je laisse d’ailleurs ici un extrait d’une collaboration de Lee et Marsalis (désolée pour la piètre qualité de l’image, ça vaut le coup quand même) : cinq minutes de bonheur pour faire oublier une heure trente de misère.

Maude Levasseur

Branford Marsalis : The Sound Illusionist de Reinhold Jaretzky est présenté au Cinéma du Parc du 1er au 7 juillet.