Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it! À suivre tous les lundis.

Au sein d’un organisme culturel doivent se côtoyer des artistes et des gestionnaires.  Quelquefois (même très souvent) l’artiste et le gestionnaire habitent la même tête.  Que vous soyez artiste/gestionnaire ou seulement un artiste qui doit composer avec un gestionnaire (et inversement), vous devez créer les conditions nécessaires pour rendre cette relation harmonieuse. Selon Poisson-de Haro et Menot dans l’ouvrage La gestion stratégique des organisations artistiques, il existe quatre modèles d’administration des organisations artistiques.

Le bicéphalisme
Ce type d’administration consiste à adjoindre au directeur/artiste un administrateur responsable de la gestion des décisions artistiques. Les deux leaders travaillent sur le même niveau hiérarchique. Dans ce type d’organisation, la bonne entente entre les deux têtes dirigeantes est primordiale. Un conflit peut mener, dans les cas extrêmes, à une faillite de l’organisation.

La cohabitation
Dans ce cas de figure, il y a séparation des tâches selon les compétences de chacun (artiste ou gestionnaire). Autrement dit, il n’y a pas nécessairement quelqu’un qui prend toutes les décisions artistiques et l’autre qui s’occupe de faire entrer l’argent.

L’hybridation
Voici le monstre à trois têtes. Un directeur artistique et un directeur administratif se rapportent à un directeur général qui a des compétences de gestion en plus de compétences artistiques reconnues par ses pairs (autrement dit…la perle rare).

La triangulation
Ici, il faut faire intervenir une tierce partie extérieure qui agit comme médiateur entre les artistes, les gestionnaires et les parties prenantes pour assurer la bonne entente à l’intérieur de l’organisation.

Tous ces modèles se valent : il s’agit ici de choisir le modèle qui s’adapte le mieux à son organisme artistique. Évidemment vous allez vous dire : mais, nous n’avons pas le budget pour engager deux directions (triple points d’exclamation!!!) À cela, je réponds qu’un bon gestionnaire administratif, quelqu’un capable de faire de la planification stratégique, des demandes de subvention et une gestion des revenus autonomes va décharger le directeur artistique des tâches administratives afin qu’il puisse se concentrer sur la mission artistique de l’organisation. Ça vaut de l’or (re-triple points d’exclamation!!!).

Si la programmation est à la hauteur (parce que la direction artistique n’a pas à s’occuper des retenues à la source ou des demandes de subvention), les partenaires financiers seront plus enclins à investir, les commanditaires auront envie de s’associer à vos évènements, etc. C’est une roue qui tourne.

Julie Gauthier (qui blogue aussi ici!)

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