Crédit photo: LePetitRusse

Le Centre Phi accueillait Antoine Corriveau et ses musiciens le 11 février dernier pour une soirée qui révèle un poète habile et un artiste qui maîtrise à merveille son imaginaire. En première partie, le jeune artiste Mat Vezio dont l’album à paraître a été réalisé par Corriveau. Celui-ci nous prévient d’emblée qu’on n’a pas trop le choix d’aimer son protégé.

Il faudra pourtant attendre un peu, le temps d’une surprise pas si surprenante vu qu’annoncée sur l’événement : le lancement du clip Constellations, chanson à laquelle a participé Fanny Bloom, qui a accompagné Corriveau sur scène à deux reprises. Réalisée par Akim Gagnon à l’esthétisme incroyable, cette nouvelle création magnifique et sanglante révèle une histoire d’hôtesse de l’air blessée comme pour Rendez-vous. Un cycle semble se dessiner, car Antoine Corriveau nous dit qu’il « n’a pas fini de gosser avec les hôtesses de l’air ».

Muni de sa guitare et accompagné de deux choristes vêtues de Kimono, Mat Vezio offre une performance nuancée. Il nous dit d’ailleurs qu’ils ont passé plus de temps à s’habiller qu’à pratiquer. Charmant, l’humour au détour de chaque chanson, il inspire l’envie de mieux le connaître. Son univers doux et mélancolique a trouvé maintes oreilles attentives, mais une faim persiste qui sera peut-être rassasiée le 14 mars prochain au lancement de son album, l’occasion de voir réellement ce que le jeune homme a dans le ventre… et dans la voix.

Mat Vezio / Crédit photo: Julie Artacho

Arriva enfin le moment qu’on s’impatientait de voir venir. Antoine Corriveau, flanqué de ses musiciens aussi doués les uns que les autres, livrant les pièces de Cette chose qui cognait au fond de ma poitrine sans vouloir s’arrêter avec l’honnêteté qu’on lui connaît. Des chansons et leur poésie sombre qui se renouvellent devant le public qui semblait conquis d’avance. Entre chaque morceau, les interventions de Corriveau teintées d’autodérision sur son look ont instauré une ambiance intimiste et bon enfant. Contrastant avec le rock sensible qui porte des textes lourds de sens, d’images parfois violentes, parfois touchantes.

Quelques chansons du passé ont été revisitées pour le plaisir de tous, comme Un nouveau vocabulaire tirée de l’album Les ombres longues. Avec beaucoup d’humour, l’auteur-compositeur-interprète partage l’anecdote entourant sa dernière interprétation semi-ratée devant le grand Gilles Vigneault.

Mais ce qu’on retiendra de ce moment passé trop vite, ce sont l’harmonie de chaque instrument – particulièrement le cor français – dans une unité fidèle à l’album. Avec en plus des expérimentations sonores qui offrent une véritable expérience live. Car, on peut se le demander comment transposer la douleur sublimée dans un concert? Comment ne pas être trop lourd? Pourtant, tout – ton et textes – sonnait juste.

Rose Carine Henriquez

Le spectacle a été présenté au Centre Phi le 11 février dernier.