Avec leur troisième album, The Menzingers, autrefois sur Go-Kart Records et Red Scare Industries, fait le saut et joint la grande famille d’Epitaph, maison de disques phare du renouveau punk américain (et ses dérivés) depuis le début des années 90, et atteint la cible avec précision. Le quatuor de Scranton, en Pennsylvanie, fait étalage sur On the impossible past de chansons réfléchies, alternant spleen du working-class folk et urgence punk, avec un sens de la mélodie efficace et abouti. The Menzingers reste très loin des clichés du punk californien et de la désolante vague d’emo/pop/punk à la MTV, et ce, pour notre plus grand bonheur. Certains titres rappellent du Against Me! pré-New wave avec, toutefois, un chant moins enragé que celui de Tom Gabel. À noter que les deux groupes ont fait une tournée ensemble en 2010, ce qui expliquerait peut-être les influences réciproques perceptibles, à savoir une sensibilité folk, des harmonies vocales réussies, des paroles intelligentes, des mélodies accrocheuses, des guitares suffisamment abrasives, bref, un indéniable talent de songwriting donnant un punk plus mature.

On the impossible past se veut le fruit d’une révolte assumée et non archaïque, d’un spleen et d’un lyrisme ancré dans une Amérique lucide donc désillusionnée, nous laissant d’abord l’impression puis finalement la conviction que The Menzingers a vraiment quelque chose à dire.

En espérant que d’ici là, un intérêt grandissant leur garantisse une plus grande salle que celle des Foufounes électriques le 18 mai lors du Pouzza Fest 2012 de Montréal.

– François-Charles Lévesque