À tout juste 28 ans, Alka, fille de Denis Balbir, sort son tout premier album, La première fois. Après s’être essayée à la télévision, au cinéma, puis au théâtre avec la pièce À la française d’Edouard Baer, c’est dans la chanson que ce charmant et doux visage d’une beauté rare a trouvé sa voie.

La jolie brune à la voix asphyxiée, aux intonations aiguës et brisées et aux phrasés un peu maniérés n’échappe pas à la comparaison évidente d’avec l’actrice française Isabelle Adjani. Benjamin Biolay s’occupe, lui, de tisser une toile gainsbourienne en arrière-plan. Après avoir fait les premières parties de Biolay, captivé le public au Printemps de Bourges et fait frissonner les festivaliers à Cannes, Alka s’est vue offrir par le chanteur son premier opus, qu’il a écrit, composé et réalisé.

Mélange entre douceur onirique, lyrisme tragique et mélodies entêtantes, cet album est plutôt réussi, il faut bien l’admettre. Arriver à se plier aux exigences de son compositeur (Biolay joue avec sa voix telle une contorsionniste), être dans la droite lignée de ses chansons et des chanteuses seventies, être poussée dans ses propres limites vocales : Alka s’impose. Un album atypique, mystérieux et passionnant, un OVNI dans ce monde musical; cet oiseau rare est une découverte essentielle.

– Thibaut Vergez-Pascal

La première fois est disponible depuis le 26 novembre.