Alexia Gourd est sur tous les fronts : chorégraphe pour la télévision, interprète pour des comédies musicales (In TransitFunny Girl), danseuse et actrice dans des films et séries (30 vies, Clash)… Pour en savoir plus sur cette jeune femme pleine de talents, nous lui avons posé 7 questions pour résumer son parcours, ses inspirations et comprendre un peu mieux sa vie d’artiste!

Pour commencer, quel est ton parcours?

Je viens d’une famille qui travaille dans les communications et mon premier désir quand j’étais jeune, c’était de devenir chanteuse. Grâce à ça, ma mère a réussi à m’inscrire à des cours de danse parce que chez Louise Lapierre, il y avait des cours de chanté-dansé. Le premier cours, j’ai détesté ça! (Rires) Mais j’y suis retournée une deuxième fois et là, le professeur avait créé une chorégraphie sur Get Down des Backstreet Boys et finalement, je n’ai jamais arrêté de danser! Puis je prenais aussi des cours de chant et de piano à côté.

Vers 12-13 ans, je trouvais qu’il me manquait quelque chose et j’avais envie de jouer, de faire de la télévision. Donc j’ai commencé à prendre des cours de jeu pour enfants. J’ai fait partie d’une agence vite après. J’ai joué professionnellement pendant tout mon secondaire. Je faisais des pubs, des voix pubs, j’ai joué dans des séries et plein de petites choses! Au CÉGEP, j’ai eu de la difficulté à choisir entre les trois. À Brébeuf, ils offraient un programme de double DEC musique et arts et lettres profil théâtre. J’ai arrêté ma carrière de comédienne à ce moment-là.

Pendant trois ans, je faisais 10 à 15 heures de danse par semaine, tout en étant à l’école pour 31h de cours par semaine. J’étais vraiment à fond là-dedans! Quand j’ai fini le CÉGEP, je ne savais pas trop ce que je voulais faire, mais je savais que je voulais  aller faire une école de comédie musicale à New York. Je voulais prendre une année sabbatique et essayer de voir mes options. À ce moment-là, on m’a offert d’entrer dans la troupe professionnelle dans l’école 8 Count où je dansais. Pendant l’été, j’ai pu faire des spectacles et enseigner. Parallèlement à ça, j’ai repris des cours de jeu et j’ai commencé à m’entraîner en chant jazz parce que je faisais de l’opéra avant.

Au bout d’un moment, la compagnie de danse a pris tellement de place dans ma vie que je n’ai pas eu le temps de m’adonner à d’autres activités. Mais à travers ça, j’ai fait un film québécois de danse. Ça m’a ramené au jeu et ça m’a permis de me rendre compte à quel point j’aimais ça! À la suite de ça, je me suis inscrite dans une agence. J’ai fait ma première comédie musicale puis par la suite, Hairspray et les comédies musicales se sont enchaînées. Et au fur et à mesure, on m’a aussi demandé de chorégraphier. Puis l’année dernière, j’ai vu que le jeu me manquait alors je suis partie faire une école de théâtre en Californie.

Qu’est-ce qui t’inspire en tant qu’artiste?

À la base, le but, c’est de raconter une histoire, c’est de communiquer un message. Une fois que tu as un message qui a une place importante dans tes valeurs, c’est ça qui est inspirant. Autant en travaillant un rôle, il faut se demander quel est le but de cette pièce, quelle est la mission. C’est la même chose avec une chorégraphie ou une pièce musicale :  il faut se demander ce qu’on veut faire ressentir aux gens. Par exemple, Mary Poppins, ça touche tellement les gens! Il y a vraiment un impact direct. Lorsque je vois les gens après le spectacle, je comprends pourquoi je fais mon métier. Personnellement, j’ai pris de grosses décisions de vie dans la dernière année à cause d’un spectacle que j’ai vu. En voyant la proposition, la façon dont le propos était amené, ça m’a vraiment fait réfléchir et j’ai pris ma décision grâce à ça. C’est pour ça qu’on fait de l’art!

Dans les thématiques qui reviennent souvent dans ma création, j’aime beaucoup l’être humain. Ça a beaucoup changé dans les dernières années. Quand je faisais plus de danse hip-hop, j’étais beaucoup dans l’imagerie du cauchemar, j’aimais explorer cette facette. Mais maintenant, on dirait que je suis vraiment plus là-dedans. Je suis vraiment allumée par les histoires humaines, les relations interpersonnelles, l’amour, l’amitié… L’être humain m’inspire beaucoup.

Qu’est-ce que t’apporte chaque art?

À la base, j’ai tout commencé pour l’amour de la musique. Mon père est vraiment mélomane. Aujourd’hui, je traite tous ces arts de la même façon. Pour moi, ce sont des arts de communication, c’est juste le langage qui est différent. Le jeu, c’est à la base de toute interprétation, ça donne beaucoup de cachet à ma chorégraphie, à ma danse et à mon chant. Je trouve que le jeu est aussi quelque chose de très thérapeutique. J’ai redécouvert la danse. La danse, c’est un médium qui m’a beaucoup blessée dans le passé, j’ai une relation un peu amour-haine avec lui. Là je redécouvre vraiment ma passion pour la danse à travers la chorégraphie aujourd’hui.

Interpréter ou créer?

Pendant un moment, je me demandais s’il fallait que je choisisse. Et je refuse de faire un choix. Je pense que je me définis par ça et je pense que tout est interrelié. Je vais avoir besoin des deux facettes toute ma vie. C’est une façon différente de donner et de recevoir. Quand on crée, on a un concept en tête et on peut voir les effets sur des gens, on peut le recevoir. Quand on interprète, on est dans la performance, mais on ne reçoit pas le produit. On reçoit plutôt la réaction du public. On dirait que lorsqu’on interprète, on sort de soi. On devient une autre personne dans le but de communiquer quelque chose. Quand on crée, c’est une partie de son cœur qu’on donne aux gens.

Quels sont tes projets du moment?

Comme interprète, j’ai deux trucs qui s’en viennent. Un comme danseuse, un comme comédienne, mais je ne peux pas en parler! Comme chorégraphe, j’ai fait beaucoup de projets cet été. J’ai travaillé avec le groupe Les Brothers, qui est composé de musiciens et d’acteurs. Ils font des covers, des mashups et ils sont hyper talentueux! Je leur ai fait des mini-chorégraphies et un peu de mise en scène avec des punchs à la Bruno Mars. J’ai travaillé avec un spectacle pour enfants de Ari Cui Cui. J’ai aussi travaillé pour l’émission Les Dieux de la danse, en tant que chorégraphe en danse contemporaine. J’ai tourné une journée sur l’émission Clash comme comédienne. Et sinon, mon gros gros projet, c’est que je suis en train d’appliquer pour faire mon visa de comédienne pour aller aux États-Unis. Je veux retourner à l’école et continuer à m’entraîner. Je veux aller au bout de ça.

Ça ressemble à quoi la vie d’Alexia Gourd?

J’écris beaucoup dans mon agenda! (Rires) Mais après, c’est vraiment variable. Il y a des semaines où je ne vois plus la fin et parfois il y a des semaines où je n’ai rien à faire. C’est certain que c’est difficile parce que je n’ai pas beaucoup de stabilité et c’est un métier de refus et de remises en question. Parfois, ça peut être vraiment difficile. Mais il ne faut pas s’accrocher à ça. Il faut se rappeler les raisons pour lesquelles on le fait.

Et quand je ne suis pas occupée pour le travail, je me crée des opportunités. J’appelle des amis, on va jamer. Si je veux travailler mon jeu, je vais chercher quelqu’un pour m’aider. En ce moment, on crée un spectacle avec une amie. On se rencontre chaque semaine et on fait des répétitions aussi. J’aurais de la difficulté à avoir une vie de 9 à 5 tous les jours. Je ne suis plus habituée à ça! Je ne sais pas si je serais capable de rester concentrée.

Ton rêve?

En ce moment, je pense que je n’ai pas eu l’occasion d’aller au bout de mes tripes, de ce que j’ai à donner. J’ai fait des trucs vraiment géniaux et je me sens très privilégiée d’avoir eu les opportunités que j’ai eues. Mais je sens que j’irai plus loin encore et je n’ai pas eu l’occasion d’aller là.

En ce moment, je suis en quête de ce rôle-là. Est-ce que ça va être comme comédienne? Comme artiste de théâtre musicale? Comme chanteuse? Comme danseuse? Je ne sais pas. À mon avis, ça va être une combinaison. Ce qui me définit, c’est le fait que j’ai plusieurs cordes à mon arc.

– Propos recueillis par Léa Villalba

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