Crédit photo: Sébastien Raymond

Il y a de ces films qu’on ne sait pas par quel bout prendre. Qu’on regarde à tâtons sans trop savoir où l’histoire s’en va, puisque le réalisateur garde le secret en enchaînant scène après scène sans prendre la peine d’y donner un sens concret. Qui donne envie de plisser les yeux, bref. Les intentions sont souvent bonnes, les talents sont là, l’idée est belle… et étrangement, ce sympatique alliage ne fonctionne pas. C’est malheureusement le cas pour Mobile Étoile, le petit dernier de Raphaël Nadjari.

La caméra, souvent peu assurée, suit l’histoire de la cantatrice Hannah Hermann (Géraldine Pailhas) et du pianiste Daniel Dussault (Luc Picard), couple à la barre d’un ensemble de chant sacré. Lorsque Liliane (Dorothée Berryman), une des membres du groupe, doit quitter, c’est la toute jeune Abigail (Éléonore Lagacé) qui prend sa place. Une chanteuse au talent assuré et à l’esprit inventif, qui viendra brasser les cartes en disant haut et fort sa vision plus moderne. Le mentor – ex-professeur d’Hannah qui sème le doute: a-t-il été son amant? – y verra un affront à la musique sacrée. Révolté, il créera une onde de choc en pleine répétition: comment Hannah peut-elle laisser faire ça? À travers conflits et petites victoires, la vie des musiciens ne sera plus jamais la même. Qui gagnera? La tradition ou la fougue de la jeunesse?

Dans ce film spécialisé qui risque de plaire aux mélomanes, la musique est partout, envahissante, intense. Parfois agressante à travers une bande de comédiens étrangement peu assurée. Comme s’ils avaient été mal dirigés entre les superbes moments musicaux, des talents déjà maintes fois salués deviennent fades, très ternes. C’est sans parler d’Éléonore Lagacé, qui nous offre une Abigail très inégale, très peu convaincante. Sans surprise toutefois, Luc Picard assure et Marcel Sabourin est excellent dans le rôle du père confus et débousselé de Daniel. Une intrigue qui n’ajoute rien de pertinent à l’histoire, mais qui apporte tout de même une richesse bienvenue à Mobile Étoile, un film statique et sans audace.

À voir ou pas? Tout dépend de votre intérêt pour ce genre de musique. Si c’est votre dada, gâtez-vous. Sinon, gardez votre deux heures. Le temps est si précieux.

– Mélissa Pelletier

Mobile Étoile, en salles dès le 25 mars 2016.