Crédit photos: Pierre Léveillé

Dans la rotonde, un espace circulaire aéré au milieu du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), le directeur général John Zeppetelli, les deux commissaires Louise Simard et Lesley Johnstone, Patrick Bernatchez et Dana Shutz se prononcent sur les nouvelles expositions. La fierté et l’excitation de présenter la nouvelle saison se sentaient parmi les intervenants. Après l’analyse des artistes sur leurs propres œuvres, j’avais hâte de poser mes yeux sur le fruit de leur travail pour écrire et vous donner le goût de venir visiter le musée!

1.

 

Dana Schutz – La vitesse et le désordre des couleurs

Jeune anglophone, Dana Schutz et ses œuvres sont intrigantes. Son art démontre un processus chaotique: on peut y observer une orgie de couleurs réalisée de manière vigoureuse et nerveuse. L’exposition est séparée en différents thèmes : les mangeurs, les Dieux et comment...

Dans les mangeurs, des humanoïdes sont amputés de leurs jambes ou leurs bras et sont prêts à manger leurs membres. Représentés tels des personnages préhistoriques, ils sont dans une action de destruction et de régénération de leur corps.

Dans l’autre pièce, on trouve la collection comment…, où des actions et des situations réelles sont représentées par l’artiste. L’œuvre Smoking, crying, swimming est frappante par la détresse des yeux de la femme. Visiblement, elle est souffrante et souhaite se consoler. Pourtant, comment fait-elle pour pleurer, fumer et nager en même temps? Elle semble être prise dans une crise de folie. Dans la toile voisine s’appelant Shaking, cooking, peeing, l’actrice principale cuisine, brasse et pisse debout simultanément. On ressent le malaise et le sentiment d’alerte de cette scène.

2

 

Retreat’s men est un lieu paradisiaque dans une forêt tropicale, où sont réunis les hommes les plus importants de la planète. Des anciens politiciens, hommes blancs avec leurs anciens uniformes à cravate, semblent être devenus fous et séniles. Cet ouvrage prend un mur complet et laisse place à diverses interprétations.

3

 

 

Patrick Bernatchez – Les Temps Inachevés

Le temps est l’élément central de l’inspiration de Patrick Bernatchez, qui a aussi créé l’exposition Lost In Time (2009-2015). C’est quoi? Un univers cohérent créé de toute pièce, où une apocalypse d’ère glaciaire a recouvert la planète. Devant un mélange de science-fiction et de fantastique, on se promène parmi des objets presque éternels, tels que cette machine qui enroule lentement du fil à tisser autour d’une structure en bois à partir d’une centaine de bobines installées autour.

4

 

Des petits tableaux dessinés de créatures inquiétantes sont installés tout autour de la salle d’exposition, créant une ambiance sombre. Dans le couloir suivant, une montre – la Black Watch – dont la révolution de l’aiguille dure 1000 ans – est placée au centre d’un couloir. Celle-ci est accompagnée d’un fort bruit de tic-tac. Quels sont le passé et le futur de ce monde? Aucune idée, mais Patrick Bernatchez nous donne tout de même un bon aperçu du présent.

5

 

Camille Henrot – La Grande Fatigue

Cette Française a eu l’idée de représenter la création de l’univers en 13 minutes. Ça commence sur la page d’accueil d’un ordinateur avec l’image d’une galaxie comme fond d’écran. Tranquillement, des fenêtres vidéo s’ouvrent l’une après l’autre : des vidéos d’animaux, des vidéos de paysages, des vidéos de scientifiques dans un laboratoire, une page Wikipédia sur le Big Bang, des images de la culture populaire web et des vidéos de grenouilles se superposent sans fin sur l’écran. Plus les secondes avancent, plus le rythme de la musique accélère avec des paroles explicatives proposées sur un ton de slam. On se retrouve hypnotisés par la soupe de vidéos de Camille Henrot, et toujours pas avancés sur l’origine de notre monde…

 

Un aperçu ici :

Une saison intéressante donc, qui vaut le détour pour les après-midis froids et pluvieux de l’automne.

 

Deux dates à retenir :

  1. Visite-rencontre de l’exposition Les Temps inachevés avec Patrick Bernatchez et Lesley Johnstone, le jeudi 29 octobre à 19h.
  1. Nocturne du MAC le 13 novembre 2015.

 

Pour plus d’informations : www.macm.org

– Pierre Léveillé