Cette année, c’est le cinquantième anniversaire du Musée d’art contemporain de Montréal. Pour l’occasion, il s’associe avec le Musée des beaux-Arts. Le résultat, né de la fusion des collections permanentes respectives des deux musées, c’est 1+1=1.

John Zeppetelli, directeur du MAC, affirme que l’exposition« additionne […] deux visions institutionnelles, deux histoires et mandats distincts, pour en faire un tout unifié dont les parties sont indiscernables ».

En effet.

Chaque œuvre du MBAM fait miroir à une œuvre du MACM ; les collections se répondent.

Je n’avais jamais exploré la collection d’art contemporain du MBAM.

Ç’a donc été une visite hautement enrichissante.

Pourtant, quelque chose manquait.

J’ai eu l’impression d’une unité.

D’un dialogue, moins.

L’idée, excellente, ne donne pas l’impression d’avoir été menée jusqu’au bout.

Les œuvres présentant une parenté plastique ou conceptuelle étaient regroupées deux par deux. Ce qui manquait, c’est un fil conducteur. Déambuler dans les salles était certes surprenant, parfois déstabilisant, puisque des œuvres complètement hétéroclites de nombreux artistes étaient exposées ; par contre, la trop grande diversité thématique empêchait une réelle immersion.

Je me suis égarée.

Sollicitée de tous les côtés, je ne savais plus comment orienter ma réflexion.

C’était des tas de petits effets de miroir les uns à côté des autres. J’aurais aimé une galerie des glaces.

Quelques coups de cœur, cependant.

L’ouverture de l’exposition, d’abord. Promenade entre le Musée d’art contemporain et le Musée des beaux-arts de Montréal, de Françoise Sullivan ; une série de photos prises sur le chemin, en 1970. Magnifique introduction qui répond aux objectifs d’1+1=1.

Poème IV, de Steven Shearer, immense impression blanc sur noir d’un texte poétique merveilleusement déconcertant.

I Can’t Hear You (Autochtonous), de Tony Oursler, deux personnages aux visages mobiles projetés sur leurs têtes gonflées en ballon, à côté desquels, attentive, j’ai longtemps tendu l’oreille.

En somme, la découverte des œuvres vaut la visite de l’expo.

J’aurais aimé, cependant, un développement plus évident du concept de miroir sur lequel elle se base.

Il manque la valeur ajoutée à la superposition des deux collections.

C’est bien 1+1=1.

 – Anaïs Savignac

Jusqu’au 15 juin au Musée des beaux-arts de Montréal.

http://www.mbam.qc.ca