Mélangeant spectacle musical et théâtre, Métro flirt – Frencher sur la ligne verte, qui s’est tenu au café Cléopâtre dans le cadre du Zoofest, joue sur les codes des rencontres amoureuses, de l’importance de l’apparence dans lesdites rencontres et de la quête de l’amour à tout prix. Tout cela avec un humour bien dosé.

Prenant place sur la ligne verte du métro de Montréal, l’histoire de Nat est celle d’une célibataire depuis maintenant cinq ans, lectrice fervente de la section « Métro flirt » du journal Métro. À chacun de ses trajets, elle espère tomber sur un message qui lui est destiné. Ce qu’elle croit trouver dans l’annonce « La chance qui te sourit » qu’elle attribue à tort « au beau gars de la station Pie-IX ». Elle part donc à la recherche de cet inconnu, « Bébé chat » de son nom de plume. S’ensuit une aventure drôle, presque improbable, ironique à souhait, qui révèle les failles éloquentes dans les relations interpersonnelles.

Campée par Cynthia Trudel, Nat est accompagnée d’un chœur qui joue de multiples rôles. La gang de caves, Roberto, La madame, tous des témoins actifs de son périple, viennent ajouter ce regard de voyeurs et de société-juge de la honte d’autrui. Le beau gars de la station Pie-IX, (comme tous les autres de cette histoire) ne voit avant tout qu’une grosse, avant de voir une possession lorsqu’un autre homme (Roberto) déclare sa flamme à Nat. En quelques stations seulement, on assiste à la naissance d’un couple qui n’en est pas vraiment un, pointant l’éphémère, les problèmes de communication et de compréhension.

Quête d’amour

« Métro flirt », sorte de pendant romantique aux Tinder, Happn et autres applications de rencontre, reprend les codes de la lettre d’amour de l’amoureux secret, avec tout de même des enjeux similaires. D’un côté, il y a toujours cette tentative romanesque de forcer le destin – avec des règles moins subtiles pour les apps – et de l’autre, cette peur socialement paralysante de se regarder réellement et de se parler.

Le spectacle essaie de traiter le sujet légèrement, misant sur l’auto-ironie, sans dire qu’une méthode est meilleure que l’autre. C’est avant tout une conception très personnelle des thématiques traitées dans le spectacle-cabaret. D’ailleurs, le motif du physique a peut-être été abordé trop légèrement, la dynamique du regard sur soi et du regard des autres n’étant pas assez mis en valeur. Ce premier essai de la toute jeune compagnie Carnage pop, menée par Cynthia Trudel – que l’on retrouve d’ailleurs en résidence artistique au ZH festival – est tout de même une réussite, un moment permettant la réflexion, mais sans lourdeur ni longueur. Les dialogues s’enchaînent avec fluidité et les rires ne sonnent pas faux.

Rose Carine Henriquez

Métro flirt – Frencher sur la ligne verte a été présenté le 7-8, 14-15 juillet dans le cadre du Zoofest.

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