Crédit photo : Cath Langlois Photographe

On a beau parler d’émergence – surtout à Vue sur la relève! -, mais comment les artistes qui participeront à la 22e édition du festival, qui se tiendra du 9 au 20 mai, perçoivent-ils leur avenir? Quels sont leurs buts, leur rêves? Où se voient-ils plus tard? On part/allume/caresse (?) la boule de cristal pour un petit saut dans le temps!

Deuxième participant, après Ponteix, à répondre à nos questions : le Théâtre Escarpé, représenté par les deux codirectrices de la compagnie, Samantha Clavet et Catherine Simard. C’est le 12 mai dès 20h qu’on pourra voir la pièce Envies dans la salle de répétition du Monument-national.

Comment se porte la relève aujourd’hui?
La relève théâtrale est des plus créatrices, elle n’a pas la langue dans sa poche et sait oser. Mais surtout, elle est débrouillarde et persévérante pour arriver à faire connaître son art.

Quel est votre plus grand modèle artistique?
Il serait difficile pour nous de ne nommer qu’une personne en réponse à cette question. Nous avons donc décidé de nommer deux artistes dont le travail et le parcours nous interpellent particulièrement. D’abord, Alexandre Fecteau, pour sa manière actuelle de faire du théâtre, pour son approche particulière du rapport avec le public dans ses spectacles ainsi que pour son travail de création dans des lieux non-théâtraux. Il s’agit aussi pour nous d’un modèle puisqu’il a un parcours tout de même atypique, ayant des études universitaires et non pas des études dans une école de théâtre, et qu’il a malgré tout réussi à faire sa place dans le milieu. Notre autre modèle artistique est Fabien Cloutier, pour son franc parlé, son côté fonceur, et sa persévérance pour arriver à créer ses propres projets. Fabien nous a enseigné à toutes les deux au Cégep Limoilou, et il a su être de bons conseils et nous communiquer sa passion pour son art.

Quand considèrerez-vous que vous ne faites plus partie de la relève?
Il nous semble qu’il n’y a pas vraiment de règle établie dans le milieu sur ce qui sépare un artiste de la relève d’un artiste établi. Quand le passage se fait, on le sent, c’est tout.

Si on vous croise dans 10 ans, vous serez…
Dans 10 ans, Théâtre Escarpé aura quelques créations à son actifs, dont certaines auront tourné au Québec, au Canada anglais et même en Europe (une traduction anglaise de notre première création, Envies, est d’ailleurs en cours). Notre compagnie aura fait sa place dans le milieu, et l’on reconnaîtra son nom et son implication dans le développement du théâtre, notamment dans son exploration du jeu des conventions entre acteurs et spectateurs. La compagnie aura contribué à un renouvellement du public au théâtre en piquant l’intérêt des gens pour une forme de théâtre qui leur parle.

Vous pouvez choisir qui vous voulez pour une collaboration. Qui est l’heureux(se) élu(e)?
Outre les deux personnes que nous avons mentionnées comme étant nos modèles artistiques et avec qui nous serions plus qu’heureuses de travailler, nous serions emballées d’avoir la chance de pouvoir travailler avec Robert Lepage.

Un génie vous offre de réaliser votre plus grand rêve de carrière, là. Vous choisissez quoi?
Partir pour une tournée mondiale dans les plus grands festivals de théâtre au monde avec une de nos créations (Envies, ou bien l’un de nos projets en développement Dis-moi je t’aime, Food Club, ou n’importe quel autre de nos projets à venir). Pas le rêve le plus original, mais c’est ça pareil…

Sur la pierre tombale du Théâtre Escarpé, on écrit « star internationale de renom », « légende québécoise qui a marqué son peuple » ou… ?
Nous avons l’ambition (peut-être un peu utopique) que la compagnie nous survive, ou du moins que les buts que nous poursuivons dans notre création continuent à être développés après nous. Qu’il n’y ait pas de pierre tombale pour Théâtre Escarpé. Qu’après nous, il y ait encore des artistes qui travaillent l’interaction avec le public, qui cherchent à emprunter des voies de création qui sortent spectateurs et créateurs hors de leur zone de confort.

– Propos recueillis par Mélissa Pelletier

Vue sur la relève, du 9 au 2 mai 2017. Pour découvrir toute la programmation, c’est ici.

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