Crédit photo : Éva-Maude TC La Ruche Blanche

On a beau parler d’émergence – surtout à Vue sur la relève! -, mais comment les artistes qui participeront à la 22e édition du festival, qui se tiendra du 9 au 20 mai, perçoivent-ils leur avenir? Quels sont leurs buts, leur rêves? Où se voient-ils plus tard? On part/allume/caresse (?) la boule de cristal pour un petit saut dans le temps!

Plus ça va, plus on jase avec des participants de Vue sur la relève! Après Ponteix, le Théâtre Escarpé et La Famille Ouellette, c’est au tour de Gabriel Morin, derrière la pièce Petits crimes contre l’humanité (et grand fan de Batman), de répondre à nos questions. « Notre collectif de création est formé d’Anne-Marie Binette, Maxime Genois et Catherine Leblond, tous d’excellents comédiens, je ne sais pas si il serait possible de mentionner leur nom également en début d’article. » Check. C’est au Monument-National le 11 mai à 20h que vous pourrez voir le fruit de leurs efforts. Place aux questions!

Comment se porte la relève aujourd’hui d’après toi?
À certains égards, très bien, mais à d’autres, beaucoup moins. Du moins dans le domaine du jeu. J’ai l’impression qu’en théâtre, en télévision et en cinéma, la relève est très créative et volontaire. On ne se fera pas de cachettes, on ne peut pas attendre que le téléphone sonne. À ce titre, la relève est très active, créative et elle cherche à se faire connaître sur toutes les plates-formes. Mais à l’ère de la technologie, l’offre est si grande que ça peut jouer contre nous. Je crois qu’il n’a jamais été aussi important de se questionner sur notre pratique,de chercher à rejoindre le public. Nous devons penser le théâtre comme un art inclusif et rassembleur et convaincre de nouveaux spectateurs d’entrer dans nos salles. Je pense que la relève pourrait « sortir de la relève » un peu plus vite si l’on faisait une plus grande place aux nouveaux visages.

Quand considéreras-tu que tu ne fais plus partie de la relève?
Dur à dire. J’ai l’impression que cela ne dépend pas de moi. Ça dépend du domaine aussi. J’imagine que lorsque l’on peut vivre de sa pratique et s’y consacrer pleinement, on sort de la relève.

Quel est ton plus grand modèle artistique?
J’admire beaucoup le travail de la compagnie Ex Machina. Leur renommée est internationale et leur quartier général se trouve à Québec. Je crois qu’ils contribuent beaucoup au dynamisme culturel de cette ville. Ce qui me fascine, dans les pièces de Robert Lepage, c’est qu’il accroche toujours à un récit quotidien une trame plus large, un deuxième récit, souvent historique. Ce mélange entre la petite et la grande histoire est très agréable pour le spectateur. C’est un peu comme si une partie de mon cerveau écoutait un film pendant que l’autre partie écoute un documentaire. C’est un 2 pour 1.

Si l’on te croise dans 10 ans, tu seras…
En train de faire ce que je fais maintenant, espérons-le. J’aime écrire et monter des spectacles et j’espère que Petits crimes contre l’humanité sera la première d’une longue série de créations. Un peu comme un groupe de musique, j’espère que la troupe derrière Petits crimes, formée d’Anne-Marie Binette, Maxime Genois, Catherine Leblond et moi-même, pourra produire plusieurs créations à travers le temps. Si en plus, nous pouvions faire des tournées internationales et jouer devant des centaines de millions de milliers de personnes, ce serait mission accomplie.

Tu peux choisir qui tu veux pour une collaboration. Qui est l’heureux(se) élu(e)?
Bruce Wayne, dans le monde fictif, parce que qui n’a jamais rêvé d’apprendre les arts martiaux et l’investigation avec le meilleur détective de tout Gotham? Dans le monde réel, disons que je ne dirais pas non à une collaboration avec Christopher Nolan. Pour la grande recherche derrière ses films, son propos et son souci du détail. Si vous le connaissez, passez le message.

Un génie t’offre de réaliser ton plus grand rêve de carrière, là. Tu choisis quoi?

De construire une salle de spectacle pluridisciplinaire où se côtoient les différents arts de la scène : spectacles de théâtre, soirées de stand-up, improvisation, concerts. Un grand quartier général, possédant ateliers de costumes, de décors, où les artistes et les concepteurs auraient le temps et l’argent pour pouvoir expérimenter et approfondir leur pratique. Un genre de théâtre ouvert toute la journée possédant un restaurant et café dans le jour et qui devient un bar le soir. Un endroit où l’on ne se rend pas seulement pour consommer de la culture, mais aussi pour manger et faire la fête. Ou devenir Batman.

Sur ta pierre tombale, on écrit «star internationale de renom», «légende québécoise qui a marqué son peuple» ou…?
 » Successeur de Batman ». Quoique on ne pourrait l’écrire, mon identité devrait être secrète.

– Propos recueillis par Mélissa Pelletier

Vue sur la relève, du 9 au 2 mai 2017. Pour découvrir toute la programmation, c’est ici.

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