Elles sont deux. Deux sœurs. Gaspésiennes. Belles. Talentueuses. Les sœurs Boulay. Elles sont auteures-compositrices-interprètes. Depuis que je les ai découvertes, je plane. Leur univers est touchant. Vibrant de simplicité et de vérité. Leur musique aux couleurs country et folk fait frissonner de bonheur.

Sur leur EP contenant cinq titres, on oscille entre une sereine tristesse et un bonheur contenu. Rien d’exubérant, de flamboyant. On est dans la retenue. Guitare et voix. Dans l’instant présent. Dès la première pièce, Lola en confiture, on est envouté par la répétition du prénom Lola, comme une complainte, un gémissement. Un cri d’amour et d’inquiétude face au désespoir d’un proche. Typiquement country dans son propos et son traitement.

La seconde chanson traite de l’amour impossible (Mappemonde). C’est probablement la chanson la plus pop de l’album. Le texte démontre la lucidité touchante d’une femme qui sait qu’il n’y a pas d’avenir dans sa relation amoureuse. Elle restera toujours dans l’ombre et « attendr[a] sagement les black-out au cinéma » pour embrasser celui qu’elle aime. Une pièce débordant d’images fortes et quotidiennes à la fois.

Dans Des shooters de fort sur ton bras, les sœurs Boulay se font plus festives, ukulélé à l’appui, quoique la joie, si on peut la nommer ainsi, vient du sentiment de libération après une rupture amoureuse. Comme un nouveau départ, elle s’en va boire et elle cri au monde entier qu’« Y f’ra pu noir », le tout appuyé par le bruit d’un verre à shooter qu’on cogne sur le bar.

L’opus se termine par deux chansons qui opposent la solitude et l’errance dans la grande ville (Au cœur des filles) à la chaleur d’un retour au bercail (Où la vague se mêle à la grand’ route). Cette dernière pièce est une véritable ode à leur Gaspésie natale, au retour à la maison qui fait tant de bien. Une invitation au bonheur, à un road-trip du tonnerre : « Viens-t’en où la vague se mêle à la grand’ route / Mets ton chapeau de laine et tes lunettes à lune / Goûtons le blé dans la plaine la nuit est courte / J’veux te faire voir les plumes et les galets des dunes / Chez nous, chez nous ».

Pour un petit cinq dollars, vous pouvez vous procurer sur Bandcamp ce bijou musical qui rappelle la voix et le style de Mara Tremblay. Des textes magnifiques, nus, que la musique laisse voler doucement. Un son plus doux que le silence. Une beauté brute. Un beau duo de sœurs à découvrir. Qu’est-ce que vous attendez?

– Julie Cyr

 

Les sœurs Boulay seront en spectacle au Divan Orange le 16 avril prochain.

http://lessoeursboulay.bandcamp.com/

Regardez-ça!