Photo : LePetitRusse

Si, dans notre monde, le lynx ne peut espérer rivaliser avec le tigre en puissance et en férocité, il semble en être tout autrement dans l’univers de Galaxie, où le Super Lynx Deluxe grafigne et mord au moins aussi fort que son grand frère. Et c’est logique puisque qu’il s’agit ici d’une espèce plus évoluée, avec de nombreuses améliorations génétiques, et peut-être même cybernétiques.

L’évolution est justement le concept tout indiqué pour imager le parcours du super groupe étant passé du rock garage, délibérément sale et volontairement simple (à l’époque de Galaxie 500), aux rythmes dansants et psychédéliques, tout en conservant la même fougue et la même intensité.

Le tout s’est fait graduellement, d’abord en incorporant de premiers éléments électroniques sur Tigre et diesel (2011), puis des percussions et des rythmes africains sur Zulu (2015). Ce cinquième album reprend ces éléments ― ainsi que les guitares blues rock et la poésie déjantée et désinvolte des deux premiers opus ― et y ajoute des arrangements saturés à sonorité plus industrielle, des rythmes hip hop qui ne sont pas sans rappeler l’époque « Sabotage » des Beastie Boys, et un effet de flange sur les guitares. Le tout est si percutant et survolté qu’il en serait presque essoufflant, s’il ne durait pas que 34 minutes.

Dès le début, les trois premières pièces (« Super Lynx Deluxe », « Phénoménal » et « Magie magie ») nous assaillent comme un étourdissant torrent d’effets sonores, de batteries tonitruantes et de guitares parfois lourdes, parfois grinçantes. On a, pour ainsi dire, l’occasion de reprendre notre souffle qu’à deux reprises. D’abord avec « Lalala », espèce d’intermède psychédélique à la Tame Impala, puis avec l’éthérée « MDMA ».

Le reste n’est qu’exaltation exécutée avec grande virtuosité, et ce, autant à la guitare et aux percussions (contribution fort appréciée d’Élage Diouf sur « Lalala » et « Big Ass Bloody Caesar »), qu’aux arrangements et aux « bidouillages ». Les textes d’Olivier Langevin, où le rythme a préséance sur le message, viennent rehausser le tout en invoquant une sorte d’euphorie nocturne qui colle parfaitement à la personnalité de Galaxie.

Si vous avez manqué le lancement de l’album à La Tulipe le 31 janvier, vous pourrez vous reprendre au MTELUS le 14 juin, dans le cadre des Francos. Et, puisque Langevin affirme que Super Lynx Deluxe a d’abord et avant tout été conçu pour la scène, ça risque d’être mémorable.

L’album Super Lynx Deluxe est paru le 2 février. Écoutez l’album ici :

Guillaume Francoeur

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