Alors qu’une flopée de coups de cœur filmiques tels que Jeune femme (Léonor Serraille), La Tortue Rouge (Michael Dudok de Wit), Ava (Léa Mysius), The Florida Project (Sean S. Baker), Call me by your Name (Luca Guadagnino) et Détroit (Kathryn Bigelow) cristallisent déjà ce qui a été fait de meilleur et de plus audacieux en 2017, quels sont les longs-métrages de l’année 2018 à attendre avec impatience et pupilles exorbitées?

Moi, Tonya de Craig Gillespie
5 janvier 2018

Difficile de résister à une bande-annonce aussi déjantée que celle de Moi, Tonya et sur laquelle semble se caler l’interprétation de Margot Robbie. Après Suicide Squad, l’actrice endosse le rôle de la championne de patinage artistique Tonya Harding, accusée d’être à l’origine de l’attaque envers la patineuse Nancy Kerrigan en 1994. Un film biographique américain de Craig Gillespie, qui sur le plan de la folie pourrait bien être la version améliorée de ce que George Clooney a tenté de faire en vain cette année avec son microcosme social parfait qui part en vrille, Welcome to Suburbicon. Pluralité de personnages en un, acidité comique et fardeau de la personnalité publique seront au cœur de ce biopic déjà encensé par la critique américaine.

Le Post de Steven Spielberg
12 janvier 2018

Steven Spielberg rassemble Meryl Streep et Tom Hanks à l’écran pour retourner sur les traces de la première femme directrice d’un grand journal américain, le Washington Post. Meryl Streep est Katharine Graham, à l’origine avec son rédacteur en chef Bien Bradlee (Tom Hanks) de la révélation en 1971 des Papiers du Pentagone, conjointement au New York Times, qui ont fait scandale. C’est sur cette mise à jour de manœuvres de quatre présidents – qui ont rangé sous le tapis des dossiers sensibles pendant plus d’une trentaine d’années – que se base l’intrigue de ce long-métrage historique. Le parcours d’une femme marquante à l’heure où ils se font encore rare, et un sujet brûlant à l’ère des fausses nouvelles, des dommages d’une campagne électorale américaine encore floue et des révélations en masse au nom de la justice sociale. De quoi ne plus hésiter!

Destierros de Hubert Caron-Guay
19 janvier 2018

Le premier film d’Hubert Caron-Guay secoue par sa façon frontale et nerveuse d’aborder la situation des migrants qu’il a suivi alors qu’ils traversaient la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, au moment même où Donald Trump promettait de les renvoyer chez eux s’il était élu président des États-Unis. Jamais sensationnaliste, poétique dès que la Nature le permet, et avec une esthétique basée sur un contraste de lumières qui permet d’être au plus près de ce que vivent ces hommes et femmes, Destierros est un documentaire humaniste et nécessaire, qui force à ne pas lâcher le regard sur la situation actuelle de milliers de personnes.

The Death and Life of John F. Donovan de Xavier Dolan

La date finale n’a pas encore été dévoilée, à la grande tristesse des cinéphiles qui se réconfortent avec les premières images très léchées présentant les personnages. Plusieurs fois reportée, la date de sortie du dernier film de Xavier Dolan devrait désormais être fixée pour l’année 2018. The Death and Life of John F. Donovan n’avait pourtant pas besoin de ce délai pour être attendu comme tout film du réalisateur, aussi talentueux et perspicace que sa filmographie est prolifique. À l’affiche de ce premier film américain pour le réalisateur québécois, Natalie Portman, Jessica Chastain et Kit Harington. Dans cette oeuvre, Dolan pose une réflexion sur la célébrité en partant sur les traces d’un acteur hollywoodien à travers une correspondance marquante entre John F. Donovan et un jeune acteur britannique.

Téhéran Tabou d’Ali Soozandeh
26 janvier 2018

On peut déjà parler de chef-d’oeuvre d’animation pour ce long-métrage d’Ali Soozandeh présenté en octobre dernier lors de la 46e édition du Festival du nouveau cinéma. Par le biais d’un visuel qui véhicule désinvolture et liberté totale, le réalisateur dresse le portrait d’un Iran où survivre en tant que femme est un combat de tous les jours. Bouleversant de réalisme à la manière de La jeune fille sans mains, Téhéran Tabou rappelle à l’instar du conte féministe de Sébastien Laudenbach à quel point l’animation peut être politique. À couper le souffle et à retenir sans faute parmi les immanquables de 2018.

Les faux tatouages de Pascal Plante
16 février 2018

Le premier long-métrage écrit et réalisé par Pascal Plante a déjà été sacré meilleur long-métrage canadien au FNC 2017, projeté en première mondiale au Festival International du film de Vancouver et sélectionné au festival américain de Slamdance 2018. De quoi attendre avec impatience cette idylle inattendue entre Théo et Mag, qui l’invite à passer la nuit alors qu’il doit bientôt quitter Montréal. Une histoire proposée par le cinéaste québécois qui semble aller au-delà d’un amour commun pour le punk-rock. Le slogan de l’affiche acidulée et bourrée de contrastes « fuck les films romantiques » donne le ton d’un film qui s’avère sentimentalement décalé.

L’atelier de Laurent Cantet
2 mars 2018

Le dernier film du français Laurent Cantet (Entre les murs, Foxfire, Vers le Sud) laisse par sa bande-annonce planer le doute, mais la découverte d’un genre unique qui serait celui du polar initiatique semble déjà envahir les premières images. On y va pour Marina Foïs (Polisse, Irréprochable), valeur sûre du cinéma français dans la peau d’une écrivaine isolée avec un groupe d’élèves pour un atelier d’écriture. Face au renfermé Antoine – le jeune espoir Matthieu Lucci révélé ici et qui tient déjà tête à l’actrice certifiée dans la bande-annonce – et à ses idées inquiétantes, la romancière perd pied. Le regard posé semble bien loin de celui d’entre les murs, mais capter les questionnements de la jeunesse avec lucidité fait déjà partie des points forts du cinéaste français.

Diane a les épaules de Fabien Gorgeart
2 mars 2018

Un air de Jeune femme (Léonor Serraille) souffle déjà sur les premières images de Diane a les épaules, film de Fabien Gorgeart dans lequel la désinvolte Diane (Clotilde Hesme) accepte de porter l’enfant de ses deux amis Jacques et Thomas avant de tomber sous le charme de Fabrizio. Même les affiches des deux films se rejoignent: une femme dans un coin perdu dans un décor, un ton de couleur assorti à ses cheveux. Si le même vent de fraîcheur et de liberté insufflé à Jeune femme englobe Diane a les épaules, alors il est définitivement inscrit à la liste des films à ne pas rater en 2018.

M de Sara Forestier
30 avril 2018

Après avoir mûri pendant près de 15 ans dans la tête de Sara Forestier, son scénario prend enfin vie. Premier film de l’actrice majeure du cinéma français et d’auteur, M est un récit partiellement autobiographique qui parle de l’amour, celui qui arrive sans crier gare entre une jeune bègue, Lila (Sara Forestier), et Mo (Redouanne Harjane), analphabète. La bande-annonce du film et sa musique bouleverse déjà par un parti-pris boule d’émotion et sans concession, à l’image du jeu nerveux de la comédienne française.

Deadpool 2 de David Leitch
1er juin 2018

Tout est dit dès lors que l’on pose les yeux sur la bande-annonce – ou plutôt l’anti bande-annonce – de Deadpool 2. Le ton absurde et décomplexé du premier volet apparaît ici comme complètement assumé, signe qu’une suite évitera peut-être le pire de ce qui se fait de reboot, de sequel et énième épisode dans les univers de Marvel et d’Hollywood en général. Le risque d’un flop demeure puisque le réalisateur n’est plus Tim Miller (Deadpool) mais David Leitch. Alors, la sauce prendra-t-elle cette fois pour le deuxième tome de ce vent de fraîcheur inventif et hilarant qui avait secoué Marvel en 2016? La réponse le 1er juin 2018.

Ambre Sachet

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :