Mathieu Lefèvre Awesome, 2011

Du 12 mai au 18 juin, le Centre d’art et de diffusion Clark présente une rétrospective de l’œuvre de Mathieu Lefèvre, jeune artiste à l’esprit contestataire et irrévérencieux décédé tragiquement en 2011.

Né à Edmonton (Alberta) en 1981, Mathieu Lefèvre s’est installé à Montréal au début de la vingtaine pour compléter un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, puis a déménagé à New York pour poursuivre ses ambitions. Ses œuvres ont été exposées au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe.

À 30 ans, il comptait déjà parmi ses réalisations une vingtaine d’expositions en solo et avait participé à plusieurs expositions collectives, dont la Biennale de Prague en 2011. Il était représenté depuis 2008 par la galerie Division à Montréal.

Il y a cinq ans déjà, Mathieu Lefèvre est décédé lors d’un violent accident de vélo, happé par un camion dans Williamsburg, le quartier où se trouvait son atelier. Cette fin de vie brutale et tragique a coupé court à la carrière pleine de promesses d’un artiste de grand talent.

Rebelle, rebelle

Reconnu pour ses excès et son humour mordant, Lefèvre a créé une série d’œuvres où l’accumulation exagérée de peinture à l’huile forme des sculptures moquant le culte de la touche et de l’expressivité. Son utilisation des matériaux et le propos de ses œuvres révolutionnaient le genre. Certains diront même qu’il était dix ans avant son temps. Mêlant modernisme et art conceptuel, ses objets d’art demeurent, avec leur côté punk grinçant, des œuvres intelligentes et originales.

Mathieu Lefèvre, Flaming Paint Tube, 2010

Mathieu Lefèvre, Flaming Paint Tube, 2010

Détournant les conventions artistiques, Lefèvre se jouait des grands noms de l’Histoire de la peinture. Dans une série d’œuvres réalisées en 2010, il s’est permis de vandaliser des reproductions de  Pollock, Kandinsky, Malevitch et Watteau en inscrivant en peinture aérosol des expressions actuelles comme LOL ou Skate or Die. Impossible de ne pas sourire en voyant les œuvres de Lefèvre, mais difficile également de ne pas réfléchir.

Make it Big

Grâce à l’initiative de Clark et au travail des commissaires Nicolas Mavrikakis, Roxanne Arsenault & Manon Tourigny , l’œuvre de Mathieu Lefèvre sera honorée à sa juste valeur et surtout, inscrite dans la mémoire patrimoniale québécoise. Il semblerait même que le trio ait consulté le fantôme de l’artiste par l‘entremise d’une spirite. À la question « Quoi faire avec l’œuvre que tu nous as laissée ? », il aurait répondu trois mots empreints de l’humour qu’on lui connait : « Make it Big .»

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Mathieu Lefèvre

Cette rétrospective présente le travail de Lefèvre sous toutes ses coutures (installations, vidéos, dessins) dont certaines œuvres réalisées durant ses études et d’autres retrouvées dans son atelier, après sa mort.

Deux ouvrages seront lancés en parallèle de l’exposition à Clark : une biographie non autorisée de l’artiste qui raconte sa vie par ses proches et sa famille, ainsi qu’une publication regroupant des dessins issus de ses cahiers d’atelier.

Le vernissage de l’exposition qui aura lieu jeudi 12 mai, sera accompagné par le lancement montréalais d’I Don’t Understand Art About Art, élaboré par les parents de Mathieu et publié en 2014. De plus, la revue Espace dédiera sa page couverture et un cahier spécial de sa prochaine édition à Mathieu Lefèvre et son œuvre.

Mathieu Lefèvre, l’étoile montante devenue étoile filante, nous a légué sa vision singulière de la création et de l’Histoire de l’art. Toute la communauté artistique montréalaise salue l’œuvre d’un artiste extraordinaire disparu beaucoup trop tôt.

– Marie Samuel Levasseur

La rétrospective Mathieu Lefèvre, Make it Big, est présentée jusqu’au 18 juin 2016 au Centre d’art et de diffusion Clark.
Pour plus de détails, c’est ici.