Image tirée de Ore, de Kim-Sanh Châu et Ray Lavers

Hier soir se tenait le lancement de la première édition du forum international « Regards hybrides » à Tangente. Il s’agit d’une fin de semaine complète consacrée aux différents questionnements et enjeux que l’on soulève dans l’hybridité entre corps et caméras, entre danse et cinéma. Réunis autour de projections, de performances et de conférences, ce sont à la fois des professionnels des deux milieux, des artistes, mais aussi le grand public qui alimenteront les réflexions pendant ces deux jours.

Interroger notre rapport aux images

Après un mot de bienvenue de Dena Davida, cofondatrice de Tangente, partenaire de l’événement, c’est Pricilla Guy, artiste, chercheuse, commissaire et directrice de la compagnie Mandoline Hybride qui annonce la soirée ainsi que la programmation du week-end.

Elle explique que cet événement est le prolongement de sa compagnie qui cherche à décloisonner, depuis ses débuts, le champ chorégraphique. Mandoline Hybride souhaite poser un regard critique sur les rapports entre corps dansants, écrans et caméras et ainsi devenir un contributeur au partage de connaissances et à la mise en place de pensées politiques et esthétiques.

C’est dans l’enthousiasme et la bonne humeur qu’elle évoque, avec trois collègues internationales, les diverses interrogations qu’elle souhaite soulever pendant ce temps d’échange. « Quelles sont les implications des caméras sur nos corps? La ciné-danse a-t-elle des dimensions sociopolitiques? Peut-on toujours refaire? Y a-t-il une vérité? Quelle relation la vidéo-danse entretient avec la société? L’art est-il un monde à part ou une part du monde? »

Un avant-gout éclectique du forum

Après les différentes présentations, il a été question de regarder dix courts-métrages, reflets des questionnements du week-end. Nous avons pu voir des créations de différentes époques, mais aussi de différents lieux.

Ce sont les États-Unis, la France, le Canada ainsi que le Mexique qui ont livré leur vidéo afin d’ouvrir cette soirée de lancement. De 1990 à 2017, chaque projection avait son caractère, son idée, son esthétique et sa réflexion.

Nous avons pu à la fois observer des courts-métrages légers, voire même amusants (notamment Supermambo de Benito Gonzalez), mais aussi des œuvres plus politiques et engagées (notamment Well Contested Sites de Amie Dowling et Austin Forbord, qui évoque la prison et les identités raciales qui s’y retrouvent).

Plusieurs œuvres ont été tournées ou traitées en noir et blanc, ce qui m’a questionnée. Souhaite-t-on un retour arrière dans l’image pour contrer cette hyper-technologie qui nous entoure? Est-ce seulement un désir esthétique, une tendance actuelle?

Finalement, on apprend que la fin de semaine s’articulera autour de trois grandes thématiques, à savoir l’autoreprésentation, les enjeux raciaux à l’écran et l’intervention socioartistique afin de couvrir un maximum de réflexions tout en voyant concrètement ce qu’il se fait aujourd’hui en art, avec 35 films, 2 performances multidisciplinaires, 1 installation vidéo, 6 panels et tables rondes et 1 atelier collectif.

Un foisonnant week-end donc, qui amènera peut-être certaines réponses dans le milieu de la ciné-danse, et ce, à l’international. Pour de détails sur l’événement ici.

Léa Villalba

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