Crédit photo: Marisa Parisella Photography

Mlle Oui Oui Encore, la fondatrice de l’école et de la troupe du Blue Light Burlesque, nous fait découvrir un monde de femmes décomplexées qui s’adonnent à un strip-tease coloré venu d’une autre époque. En 10 ans, le Blue Light Burlesque s’est imposé dans le monde underground de l’effeuillage comme une référence au Québec.

Né dans les années 40, le burlesque tire sa force dans son engagement féministe et la performance scénique. Encore d’actualité, Mlle Oui Oui Encore perpétue cet art « dans le respect du féminin ». Son amour pour l’univers rétro et les pin up l’a conduit à créer son école et à monter des shows de qualité où le vulgaire n’a pas sa place. Ancienne professeure de swing, elle assiste pour la première fois à un spectacle burlesque en 2002 et c’est pour elle une révélation : « C’était fascinant et touchant ». Elle s’engage dans cette voie et présente son premier spectacle au Lion d’Or en octobre 2004. Sans trop savoir à quoi s’attendre, ce fut un succès. Premier show à guichet fermé, le Blue Light Burlesque a créé l’émulsion, l’univers de Mlle Oui Oui Encore est né et la demande s’est fait ressentir.

En 10 ans, elle a vu l’intérêt pour le burlesque grandir, mais elle ne pense pas que cela soit dû à un effet de mode lié au retour du vintage, elle constate que c’est « un mouvement installé, qui reste, mais qui est toujours perçu comme une sous-culture ». Grâce à sa collaboration avec la Café Campus, qui lui permet de faire un spectacle par mois, elle rend visible cette culture alternative en renouvelant sans cesse les thématiques. Tiré de son imaginaire et d’un travail d’équipe où chaque danseuse a une voix, les univers se déploient.

Elle se donne comme mandat de séduire un public éclectique, le but n’étant pas de choquer, mais de prouver « que la femme peut dégager une charge sexuelle sans être un objet ». Il est difficile de définir une seule vision du burlesque, car comme elle l’explique très justement, « pour certains, je fais un burlesque classique, pour d’autres, complètement éclaté! ». Son leitmotiv c’est « de rester vrai et sincère, c’est ça qui donne une bonne performance. » Dans cette grande famille chaque personne joue un rôle important, le but est de « créer des vagues pour tenir le show. »

Le Blue Light Burlesque est bien installé dans le paysage culturel montréalais, mais qu’en est-il de son avenir? « Il est difficile pour moi de me projeter, j’ai toujours fonctionné de six mois en six mois. Je suis une femme qui fonctionne au jour le jour, je suis vraiment dans le moment présent. Je ne peux pas imaginer que ça puisse être plus gros que ça ne l’est déjà. J’ai déjà été contactée par des producteurs, mais je veux que ça reste comme c’est, c’est-à-dire que c’est avant tout pour les femmes, ça parle de femmes et je n’ai pas envie qu’il y ait un homme qui investisse de l’argent là-dedans et qui décide de mettre des pitounes sur la scène. Je veux garder ma liberté. »

Alors vous l’avez bien compris, le Blue Light Burlesque restera entre les mains d’une femme engagée qui prône l’art de la scène, le respect et l’indépendance de la femme.

Rendez-vous pour la suite de l’expérience le 27 décembre au Café Campus à 20h pour le Cabaret Erotico Retro Chic du Blue Light Burlesque : « Dans une Galasexy près de chez vous! »

Tiphaine Delahaye

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