Pour le Québécois moyen, Abitibi rime avec road trip au pays des maringouins. Un cliché qui a la vie dure, mais qui a le mérite d’une certaine poésie. Si le biz bizz de la bibite rappelle le zing zing du violon, je vous garantis qu’on retrouve bien plus que des violoneux dans cette vaste région. En plus de festivals variés qui animent la saison estivale (allô extraordinaire FME), l’Abitibi-Témiscamingue comprend son lot d’établissements qui contribuent à animer la scène culturelle régionale. On fait un petit tour?

Le Rift
32, rue Sainte-Anne, Ville-Marie (Théâtre et cinéma)
42, rue Sainte-Anne, Ville-Marie (Galerie)

Le Rift, c’est le centre névralgique de la culture au Témiscamingue. Son histoire débute en 1982, alors qu’il occupe un espace au sous-sol de l’église… Aujourd’hui, on le retrouve à deux adresses. Le premier bâtiment accueille les arts visuels, alors que le second est l’hôte d’une salle de spectacle et de cinéma.

Son centre d’exposition occupe les locaux de l’ancien garage municipal, rénové dans les années 90. Y sont exposés chaque année des artistes du Québec. Une place toute particulière est par ailleurs accordée aux Abitibiens d’origine. Le centre accueille en plus la Biennale Internationale d’Art Miniature de Ville-Marie. Surveillez la programmation, cette année aura lieu la 14e édition!

Le Rift a aussi fait l’acquisition d’un ancien cinéma qui a été transformé en une salle bifonctionnelle de 300 places. On y retrouve donc à la fois des projections cinématographiques et des spectacles de tout genre. Théâtre, humour, chanson et productions s’adressant à la famille ou aux jeunes, font partie de la programmation. La mission du Rift étant de faire émerger la culture à la rencontre du citoyen, on y retrouve un judicieux mélange entre productions populaires et art émergent.

L’écran psychotronique
600, 7e rue, Val-d’Or

Si vous ne connaissez pas le cinéma psychotronique, sachez qu’il existe à Val d’Or un ciné-club qui se consacre entièrement au genre. Fondé par Serge Larocque en octobre 1999, L’écran psychotronique permet à son noyau d’habitués de découvrir des films assez particuliers.

Le genre psychotronique doit son nom à Michael Weldon, critique de cinéma et auteur de Psychotronic Encyclopedia of Film. Dans les années 1980, Weldon associe les termes « psycho » (pour l’horreur) et « tronique » (pour la science-fiction) afin de définir ce type de cinéma souvent jugé obscur, violent ou médiocre. Or, si on y classe de nombreux films de série B ou de série Z, le psychotronique comprend aussi des œuvres plus populaires telles que Suicide Squad (2016), La servante écarlate (2017) ou encore le fameux Labyrinthe (1986) mettant en scène David Bowie.

Dans la salle Les Insolents du Complexe culturel Marcel-Monette de Val d’Or sont diffusés en moyenne trois films par mois. Pour connaître l’horaire des représentations, qui ont habituellement lieu le dimanche, le public est invité à joindre le groupe Facebook L’écran psychotronique. La programmation s’organise, chaque fois que possible, autour de thématiques mensuelles. Cela permet de comparer les films et d’en discuter. Les commentaires sont ainsi autorisés pendant certaines représentations.

Enfin, une fois par année a lieu la soirée des Psycho-d’Or. C’est un gala informel visant à attribuer des « prix » aux films visionnés durant l’année. Un représentant est choisi pour chaque film parmi les participants du ciné-club afin de récupérer le prix et de faire un discours, s’il y a lieu. Comme vous pouvez le constater, on s’amuse fort à L’écran psychotronique!

L’Écart… lieu d’art actuel
167, avenue Murdoch, Rouyn-Noranda

L’Écart, c’est un édifice de 20 000 pieds carrés accueillant chaque année des artistes en arts visuels issus de toutes les disciplines. Si vous passez sur la rue, votre œil sera certainement attiré par les grandes vitrines qui offrent une vue sur les expositions en cours. Sculpture, peinture, vidéo, arts numériques… il y en a de toutes les formes, de toutes les couleurs, selon toutes les approches. L’Écart est un lieu d’expérimentation.

En ce lieu d’art actuel, non seulement les artistes reçoivent toute liberté pour créer, mais on rémunère cette création. L’Écart, qui existe depuis plus de 25 ans, s’est donné pour mission de soutenir la relève artistique. On facilite la garde des enfants, on paie le transport du créateur, on fait une place de choix à la relève. Pour plusieurs, L’Écart est le théâtre de leur première exposition professionnelle. D’autres profitent de la résidence d’artiste que comprend l’établissement afin d’y développer un projet. Une chose est certaine, L’Écart est lieu d’effervescence.

Enfin, chaque année paire voit se dérouler la Biennale d’art performatif de Rouyn-Noranda, organisée par L’Écart. Complètement éclaté, cet événement international amène les artistes à sortir des sentiers battus, et les spectateurs à sortir de leur zone de confort. « La Biennale, c’est pas mal fou », on me l’a dit, souvenirs de folies artistiques en tête. Un événement à surveiller pour ceux qui voudraient voir ça de leurs propres yeux. C’est cette année!

Le Petit Théâtre du Vieux Noranda et Les Volubiles
112, 7e rue, Rouyn-Noranda

Au nombre des petites salles qui font l’esprit de la ville figure l’incontournable Petit Théâtre du Vieux Noranda. La salle, entièrement rénovée et climatisée, offre sa scène à de nombreux festivals ainsi qu’à des spectacles de musique et à des représentations théâtrales. C’est d’ailleurs la troupe de théâtre Les Zybrides qui gère l’établissement.

Lieu alternatif de création, de production, de diffusion et de formation, le Petit Théâtre du Vieux Noranda a pour mission de faciliter l’émergence sur la scène culturelle abitibienne. Sa programmation est à surveiller.

Parmi les groupes régionaux qui dynamisent cette scène, on retrouve Les Volubiles. Cette troupe d’improvisation humoristique adopte un style entièrement libre et déjanté et offre aux spectateurs une représentation mensuelle hors du commun. Les habitués qualifient ces soirées de vrai bonheur. Attention : les billets disparaissent à la vitesse du rire qu’ils procurent. Ce n’est pas pour rien que Les Volubiles se produisent à guichets fermés!

– Christine Turgeon 

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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