La littérature jeunesse, c’est un lieu de rencontre unique, une passerelle entre l’enfance et l’âge adulte. C’est l’occasion de s’évader dans l’imaginaire d’autrui. C’est le plaisir partagé, décuplé. Afin d’en apprendre un peu plus sur les artisans de petits bonheurs qui se cachent derrière les albums, documentaires et romans jeunesse préférés de nos minis (et les nôtres, avouons-le!), Les Méconnus vous propose une nouvelle série de mini-entretiens.

Un jour, alors qu’Olga joue avec son araignée, un tintamarre près de la poubelle se fait entendre. C’est une créature rare qui s’est manifestée. Une créature si rare que rien n’a encore été écrit à son sujet. C’est ce qu’Olga entreprend donc de faire. Elle documente ses observations, y compris les sons, les odeurs et la diète de cette créature. En fait, ce drôle d’animal n’a accepté aucune nourriture. Olga arrivera-t-elle à découvrir ce qu’il aime manger?»

Élise Gravel n’a plus besoin de présentation. Auteure bien aimé des petits (et des grands), elle cumule les histoires rigolotes remplies de sympathiques bestioles et de personnages tantôt déjantés, tantôt inspirants, souvent les deux à la fois. Olga et le machin qui pue ne fait pas exception. Olga, une fillette assez singulière et un brin râleuse, est une héroïne intelligente, vive et drôle. Présenté sous forme de roman illustré (le premier d’une série), ce livre déborde d’humour (déjanté!).

Au-delà de l’histoire, le livre est parsemé des observations d’un zoologiste amateur (attention c’est du sérieux, Olga vous présente même les étapes de la démarche scientifique à la toute fin) et d’inventaires loufoques (Note: si notre préféré est probablement celui des drôles de trucs qu’on peut trouver au dépanneur de variété d’un certain M. Houpa, celui des pets et des crottes d’animaux semble avoir fasciné la marmaille. Fallait s’y attendre!). Tout plein de détails susceptibles d’éveiller la curiosité des jeunes lecteurs. Une très chouette aventure où Olga, malgré sa préférence pour les animaux au détriment des humains, s’ouvrira tranquillement à ceux de son espèce et apprendra à ne pas se fier aux apparences. On aime. D’ailleurs, on ne doit pas être les seuls à le penser, le livre figure sur la liste préliminaire pour le prix jeunesse des libraires du Québec 2018, catégorie Québec 6-11 ans.

C’est un mammifère non identifié, proche cousin des pommes de terre. Je vais nommer cette espèce : Olgamus Ridiculus. »

Voici donc, un mini-entretien avec son auteure, Élise Gravel.

D’abord, allons à l’essentiel : mon garçon et ses amis se demandaient à quel point ça pue un machin qui pue, et si tu avais déjà croisé quelque chose d’aussi infecte?

Un machin qui pue, ça pue, mais c’est très supportable. Je comparerais ça à une couleuvre ou à un furet. Ça pue, mais c’est mignon!

J’ai déjà rencontré des humains qui puent plus qu’un Olgamus.

La recette de muffins aux olives d’Olga, l’as-tu essayé?

Même pas! Si jamais des lecteurs l’essaient, j’aimerais avoir leurs commentaires.

En plus de Bof (aka l’Olgamus ou le machin qui pue), on retrouve dans tes œuvres une kyrielle de personnages farfelus, de bêtes en tout genre et de drôles monstres ; où trouves-tu l’inspiration pour toutes ces petites bestioles?

Je ne sais pas! Ils déboulent dans ma tête, un peu comme des boules de gomme dans une machine à gomme détraquée.

La littérature jeunesse c’est un peu une histoire de famille pour toi. Tu es maintenant une superstar (rien de moins!) dans les bibliothèques, les écoles, et de nombreuses chaumières, mais à tes débuts c’était comment d’être «la fille de… »? (Note : Élise Gravel est la fille de François Gravel, également auteur jeunesse).

J’aimais ça! Ça m’a montré que les livres ne sont pas faits par des magiciens ou des fées, mais par des humains normaux, et qu’il s’agit de s’installer et de travailler pour écrire un livre. Pour le faire publier, c’est une autre histoire, mais dans tous les cas, il faut commencer par l’écrire!

Est-ce que tes filles ont elles aussi hérité de cette passion pour la littérature jeunesse?

Oui et non! Elles aiment dessiner et inventer des histoires, mais aussi jouer de la musique, niaiser avec leurs amies, cuisiner, faire des expériences scientifiques et danser. Elles n’ont pas UNE passion, mais plutôt plein d’intérêts différents.

En consultant ta bibliographie, on constate que tes livres ont été publiés chez plusieurs éditeurs différents, est-ce par nécessité ou par choix?

Aucun éditeur ne pourrait suffire à publier toutes les histoires qui me passent par la tête!

Tu es reconnue pour ton engagement et tu as aussi participé à des campagnes dans le passé. Pourquoi c’est important pour toi? (Note : Élise a entre autres participé à des campagnes pour la Fondation des Auberges du cœur, pour les Femmes autochtones du Québec, en plus de créer des dessins avec des messages vibrants comme celui pour l’accueil des réfugiés, pour l’école publique ou celui sur la question de consentement qu’on trouve ici.)

Quand une cause est importante pour moi, j’aime utiliser mes talents pour aider cette cause et faire passer des messages qui me tiennent à cœur. Ça me fait du bien ; ça me fait me sentir utile. J’aime aider.

Enfin, peux-tu suggérer trois livres de ton choix (jeunesse ou pas) pour nos lecteurs ?

J’adore tous les livres de Roald Dahl! Je suis aussi une fan de Reina Telgemeier et de Pénélope Bagieu (pour les adultes).

Merci Élise et bonne lecture à tous!

Mona Lacasse

Olga et le machin qui pue, Élise Gravel, Éditions Scholastic, 2017, 16.95$, à partir de 7 ans. Le tome 2 est à paraître au printemps chez Scholastic’s.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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