Pour une troisième année consécutive, la Manufacture et la Licorne vous présentent Midsummer jusqu’au 30 mai. Pièce hybride écrite par David Greig et accomapgnée musicalement de compositions signées Gordon McIntyre. Originalement conçue en Écosse, dialogues et chansons sont traduits par Olivier Choinière, les arrangements musicaux par Pierre-Luc Brillant et la mise en scène par Philippe Lambert.

Vendredi soir à Édimbourg. Une femme de carrière est encore une fois rebutée dans sa vie amoureuse et se retrouve seule au bar, un sauvignon à peine entamé. Regard circulaire, un homme, pas tellement son genre, mais pour ce qu’elle lui veut, il fera l’affaire. Zéro promesse sinon celle, non tenue, de ne pas se revoir.

De prime abord, rien n’uni Helena (Isabelle Blais) et Bob (Pierre-Luc Brillant). Elle est avocate spécialisée en divorce, il l’artiste manqué type, magouilleur par dépit. Non, rien ne les unis, si ce n’est qu’ils ont tous deux ont 35 ans, se questionnent sur le sens de leur vie, ne sont pas satisfait du point où ils en sont et rêve de l’AMOUR et de l’aventure sans vouloir se l’avouer. Un concours de circonstances et une aptitude à s’avouer avoir foiré leur fera passer un weekend comme ils en n’ont jamais vécu et qui sait où cela les mènera.

Deux acteurs, des instruments, quelques accessoires et éléments de décor. Sans prétention aucune, la mise en scène vient renforcer la célèbre expression: less is more.

Simplicité n’étant pas synonyme de neutralité ou de statique, différentes méthodes de narration sont mises à contribution dans Midsummer. Conte, chanson, reconstitution, marionnettes, on gratifie le public d’une inventivité rafraîchissante. Je pense particulièrement à ce moment où Bob réfléchit sa vie se demandant : «C’tu ça qui est ça?» dans une introspection qui prend la forme d’un Q&A concluant une conférence de presse. Toujours léger malgré la profondeur de leur propos, on s’associe volontiers aux deux personnages et leurs questionnements multiples.

Pour couronner le tout, le duo est tout simplement délectable; leurs voix se complètent magnifiquement et leur complicité transcende. On se demande pourquoi…

Pour les thématiques savamment exploitées, la fluidité des enchainements et le charisme des interprètes, je vous recommande chaudement Midsummer.

– Vickie Lemelin-Goulet