La cinéaste française Valérie Donzelli a été découverte il y a deux ans grâce à son retentissant drame pop sur le cancer,  La guerre est déclarée. Son troisième film, Main dans la main, emprunte la même réalisation stylée et le même montage serré, mais sur un sujet beaucoup plus léger. Hélène Marchal (Valérie Lemercier) est la directrice et professeure d’une prestigieuse École de danse à Paris. Suite à un baiser volé, elle se trouve mystérieusement liée à Joachim (Jérémie Elkaïm, également co-scénariste du film) un fabriquant de miroirs de la province. Ils ne peuvent plus se séparer, une force les empêche d’être plus d’un mètre à l’écart l’un de l’autre. Joachim a également une relation symbiotique avec sa sœur (Valérie Donzelli) avec qui il fait de la danse en amateur. On imagine bien que la nouvelle connexion entre deux individus de normes et classes sociales opposées va tout chambouler.

Même si le synopsis semble être une excuse facile pour exploiter les différences sociales et les relations humaines dans un contexte humoristique, Main dans la main n’est pas qu’un réchauffé générique de Big, What women want, ou d’autres comédies romantiques à la prémisse fantastique. Il se distingue déjà par un scénario qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile. Et même si on joue beaucoup sur les gags de drôle de couple – une snob de ville (rôle pour lequel Valérie Lemercier n’a plus besoin de faire ses preuves) et un gars terre à terre de campagne – il y a également un discours intéressant sur les relations interpersonnelles. On n’essaye pas de faire rire le public à toutes les 5 minutes,  ce qui évite les blagues ratées. Le film se permet donc de temps en temps d’avoir des discussions sérieuses, même si sa prémisse n’a pas de sens, ce qui est rafraîchissant dans ce genre de film.

On n’y chante pas une seule fois, mais pourtant, on pourrait dire que c’est un  film musical : la danse y occupe une place importante, la musique y est omniprésente et Donzelli confirme avec ce  troisième film qu’elle maîtrise l’art d’une bonne trame sonore. Ce n’est certainement pas la comédie de l’été, mais on passe un bon moment sans avoir l’impression de perdre son temps.

– Boris Nonveiller