Crédit photo : Félix Dufour

La littérature jeunesse, c’est un lieu de rencontre unique, une passerelle entre l’enfance et l’âge adulte. C’est l’occasion de s’évader dans l’imaginaire d’autrui. C’est le plaisir partagé, décuplé. Afin d’en apprendre un peu plus sur les artisans de petits bonheurs qui se cachent derrière les albums, documentaires et romans jeunesse préférés de nos minis (et les nôtres, avouons-le!), Les Méconnus vous propose une nouvelle série de mini-entretiens.

« Catherine la poule est dépensière à l’excès. Elle achète tout et n’importe quoi : vêtements, meubles et gadgets en tous genres, quitte à finir criblée de dettes. Elle est la reine du « magasinage » et des cartes de crédit. À quoi bon économiser quand on sait que son temps est compté? Ainsi, quand son heure est venue et qu’on lui demande de se confesser, Catherine n’a pas un seul regret, ou peut-être bien qu’un seul! »

On peut dire que le titre annonce le ton! Ceci dit vous ne serez pas en reste, ni au bout de vos surprises. Deuxième effort du tandem Valérie Boivin et François Blais, on retrouve encore une fois dans Le livre où la poule meurt à la fin une «héroïne» singulière, un peu décalée, voire hors-norme. Que c’est rafraîchissant!

Les illustrations portent particulièrement bien l’humour (noir) du texte, tout en rendant très attachante cette petite poule impénitente. Cet album un brin absurde et définitivement irrévérencieux, est idéal pour aborder les questions d’argent ou de surconsommation, ou simplement pour se bidonner un peu.

Discussion avec l’illustratrice Valérie Boivin pour prolonger le plaisir.

Il s’agit d’une deuxième collaboration pour François Blais et toi. J’ai cru comprendre que c’est toi qui avais sollicité la participation de François initialement. Pourquoi lui? Est-ce que ça a été difficile de le convaincre de faire le saut en jeunesse?

Parce que François est mon auteur préféré (rires). J’adore son écriture, son rythme, la manière qu’il a de nous surprendre. J’ai lu tous ses romans. Je voulais apporter un peu de son univers aux jeunes lecteurs. Il n’a pas été difficile à convaincre du tout. Je pense qu’il a pas mal aimé l’aventure.

Peut-on espérer une autre récidive en duo?

Oh, j’aimerais ça. Beaucoup.

Tu as illustré 752 lapins et tu as adopté un lapin. Est-ce que tu es désormais la mère adoptive d’une petite poule? Et d’ailleurs, il va comment ce lapin?

HAHAHA! Non, pas de poule pour l’instant. Mon petit lapin s’appelle Marcel. Il est pas mal fin.

À l’instar de Catherine la poule, c’est quoi ta dernière dépense un peu folle?

Des chaises trop chères, mais tellement belles!

Tu aurais un conseil pour Catherine?

Hmm… Il lui en faudrait plusieurs, mais j’irais graduellement pour ne pas trop la brusquer. Le premier, plutôt réaliste, serait de réduire son nombre de cartes de crédit à une seule!

En passant, non seulement les illustrations sont magnifiques, mais la calligraphie l’est tout autant. C’est la tienne?

Oui, j’ai tout retranscrit le texte à la main. C’est un travail de moine (j’ai quelques fois sacré), mais le résultat est, ô ma foi, tellement plus chaleureux.

En plus de Le livre où la poule meurt à la fin, tu as illustré Lou paru il y a quelques semaines à peine. Une première auto-publication n’est-ce pas? Tu nous glisses quelques mots sur le livre et ce que ça représente pour toi?

Oui, en fait, Lou, c’est un texte de mon amie Pascale Bonenfant que j’ai illustré. Nous n’avons pas réussi à trouver une maison d’édition traditionnelle. Nous avons essuyé plusieurs refus, mais malgré cela, j’étais incapable de laisser ce livre-là mourir… C’est pour cette raison que nous l’avons publié à compte d’auteur. J’en suis très fière et j’ai eu de très bons commentaires. Comme quoi, parfois, il faut oser! (NDLR : Pour se procurer le livre en ligne, c’est par ici);

Enfin, peux-tu nous suggérer trois livres de ton choix (jeunesse ou pas) pour nos lecteurs?

– L’oiseau de Colette d’Isabelle Arsenault (lisez notre critique ici)
– Sam de François Blais (lisez notre critique ici)
– Si je ne suis pas revenu dans 30 ans, prévenez mon ambassade de David McNeil

Merci Valérie!

Mona Lacasse

Le livre où la poule meurt à la fin, François Blais et Valérie Boivin, Les 400 coups, 32 pages, 2017, à partir de 7 ans. Également disponible chez Les 400 coups, 752 lapins du tandem Blais-Boivin.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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