Sur la quatrième de couverture, nous pouvons lire :

Nathaniel, un étudiant romantique, cherche un lieu où lire ses poèmes. Sa rencontre avec Bernard et Donatien, adeptes de la poésie charnelle, bouleversera sa vie. Plongeant dans un univers dément et sadomasochiste, à la recherche de la parole pure et de la source même de la création, Nathaniel délaissera peu à peu ses idéaux et découvrira qu’il porte en lui un rêve « d’élégante cruauté » ».

Ce résumé est tout à fait juste et il ne contient aucune promesse non tenue. Le récital des décadents nous mène sans répit vers les nouvelles « expériences » de Nathaniel. Je vous rassure; je n’en ai pas été choquée. J’ai l’habitude. Il m’arrive de délaisser Aragon et son cher ami Éluard pour du Henry Miller, du Bukowski et j’ai même osé le marquis de Sade. J’avais donc des bonnes bases en la matière; j’étais prête. Et vous? L’êtes-vous?

Ceci étant dit, Nathaniel, notre jeune personnage âgé de 19 ans, sera d’instinct fasciné et séduit par l’univers grotesque, sale et saturé de pulsions sexuelles décadentes, mais aussi joliment empreint de l’extrême liberté qui se dégage en une effervescence charnelle et concrète de ses deux nouveaux acolytes.

Lors de leurs Soirées poétiques : de la plume à la chair, ils y expérimenteront le côté sombre et la part cachée de chacun d’eux. Ils prendront plaisir à jouer avec les interdits, à réinventer leurs processus créatifs, à offusquer, à déranger, à outrer les bonnes mœurs désabusées de notre société douillette et conventionnelle. En d’autres mots plus simplistes : Nathaniel, Bernard et Donatien s’adonneront aux plaisirs de la création et de la récitation poétique, le tout agrémenté d’épisodes sadomasochistes.

De la poésie cruelle, charnelle, expérimentale dois-je ajouter et enivrante surtout, sera de mise. Mais on ne réinvente pas la roue, vous savez. Ça me rappelle Les cent vingt journées de Sodome de Donatien Alfonse François de Sade. Bouquin écrit en prison de la Bastille en 1785, que je vous conseille si jamais vous avez les reins solides. Et ce n’est pas un jeu de mots.

Donatien, dis-je bien ci-haut? Tiens donc… J’ose croire que ce n’est pas un hasard.

 

Un petit mot sur l’auteur

Suite à une maîtrise en philosophie sur la pensée de Kierkegaard à l’Université de Montréal, David Hébert tente sa chance dans le monde littéraire avec une toute première œuvre romanesque, Le récital des décadents, paru le 5 septembre dernier. Il est également l’auteur de quelques nouvelles, critiques et articles dans les revues Asile, Virages et Brins d’éternité, où il est présentement le directeur de la section « articles ».

Sans délaisser l’écriture, son amour pour la musique et le septième art, il poursuit actuellement un doctorat à l’Université du Québec à Montréal sur l’ensemble des travaux de Gilles Deleuze.

-Emilie Fontaine

Le récital des décadents, David Hébert, Les éditions Sémaphore, 2013.