C’est samedi dernier qu’a eu lieu le vernissage de l’exposition Collier de Macaroni pour Maman où la commissaire Cybèle B. Pilon a invité avec soin des artistes issus de différentes disciplines à confectionner un collier de macaronis pour la fête des mères. Tout simplement. L’objet de la commande est kitsch, mais est aussi gorgé d’intentions vraies et naïves : celles de l’enfant qui confectionne souvent par obligation et maladresse ce cadeau reçu avec une contemplation maternelle, mais jamais réellement porté. C’est sur cette double ambigüité qu’ouvre l’exposition: un enfant forcé de donner un cadeau, dont il est à moitié fier, à une mère touchée par le geste, mais encombrée par l’objet.

Bien que la commissaire n’ait pas forcé ses participants à faire comme des enfants, elle a offert le projet à de nombreux artistes qui affichaient déjà un intérêt pour cet univers candide. L’enfance se voit dans la forme que prennent les œuvres et on remarque que la majorité d’entres elles affichent une esthétique juvénile, mais maîtrisée. Comment? Par des couleurs parfois pastel, parfois trop vives, et des matériaux issus des cours d’art plastique de notre primaire (carton, gouache, crayon de bois, etc). On retrouve également certaines œuvres composées à travers des médiums qu’on pourrait qualifier de plus « matures » (photographie, sculpture, joaillerie), mais dans l’ensemble, on reconnaît une part de notre enfance dans les gestes des artistes et les matériaux choisis.

Chaque œuvre devient une interprétation du collier de macaronis et porte surtout en soi une histoire personnelle. En tant que spectateur, nous n’avons pas accès à cette mémoire, mais nous recevons et partageons diverses émotions lui étant attachées. Il est surprenant de voir la douceur et la spontanéité de plusieurs œuvres, puisque la relation enfant-mère peut aussi être une relation amour-haine ou amour-honte. L’ambiguïté du cadeau se retrouvait plutôt dans un humour évoqué par la sacralisation du macaroni comme synonyme d’une sacralisation du cadeau par la mère. Mais plutôt qu’être gênantes, les œuvres confectionnées par les artistes ont un magnétisme : on veut tous pouvoir rapporter avec soi l’un de ces colliers de macaronis.

À voir si possible avec votre maman, Collier de Macaronis pour Maman

Jusqu’au 12 mai, au Studio XX (4001 Rue Berri, Suite 201)

– Véronique Duret