Comme un bloc, une logorrhée qui doit sortir coûte que coûte. C’est l’impression qu’on peut avoir en lisant Le deuil tardif des camélias, deuxième roman de Daniel Leblanc-Poirier, un livre dense qui se lit tout seul.

C’est que le lecteur est invité dans le quotidien banal de Laurent et Étienne, deux étudiants à l’UQAM qui cheminent à travers les cours, les filles, la drogue, les questions, les maudites questions. Comment vivre, comment être un être humain qui réussit dans un monde aussi complexe et cruel, disons-le? Parce que si les problèmes vécus par les protagonistes sont somme toute assez banals, ils n’en sont pas moins intéressants.

À travers Étienne qui se tape une solide peine d’amour après avoir quitté Marguerite et Laurent qui a la relation la plus compliquée du monde (ou presque) qui verse dans la violence conjugale avec la malsaine Florence, il y a aussi Marie-Pier, il y a aussi Raphaëlle, l’amour. Ce sentiment si ingérable qui poussent les colocataires à faire les mauvais choix, des choix qui auront malheureusement des conséquences irréversibles.

Avec une plume très descriptive, qui va du point A au point B sans fioriture, l’auteur arrive avec beaucoup de talent à rendre la nonchalance d’Étienne. Souvent sans broncher, il regarde passer la vie. Les disputes, les morts, les problèmes.

Une couple de jours plus tard, Laurent est arrivé à la maison avec un scoop. Sylvie, la voisine de Raphaëlle avec qui j’avais couché l’autre jour, avait fait une tentative de suicide. J’ai essayé de ressentir quelque chose, mais ce soir-là, je ne sais pas, j’étais vraiment sur le neutre et il n’y avait pas grand-chose qui aurait pu me faire de quoi. »

Si la trame narrative passe à un cheveu de la monotonie, c’est pourtant tout le contraire qui se produit. Dur de ne pas être pendu aux lèvres d’Étienne pour connaître la suite des aventures parfois rocambolesques, souvent dures, plus souvent qu’autrement ordinaires des protagonistes. Et c’est peut-être ça qui est aussi accrocheur. Impossible de ne pas se demander comment eux vont gérer ces situations, de s’identifier, et même de s’attacher aux personnages. Si bien qu’on aurait presque envie, si c’était possible, d’aller prendre une bière avec Étienne pour savoir comment va la vie aujourd’hui.

Mélissa Pelletier

Le deuil tardif des camélias, Daniel Leblanc-Poirier, Éditions L’Interligne, 2017.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR :

http://lesmeconnus.net/sujet/litterature/