Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it!

Être créatif, toujours plus créatif. Développer des nouveaux contenus, toujours plus de nouveaux contenus. Avouez que vous êtes brûlé juste à la lecture de cette intro?

En général, les gens se montrent plus créatifs dans leur vie privée qu’au bureau. Pourquoi? Eh bien, la plupart des gens (mis à part peut-être, les gens de l’industrie culturelle) estiment qu’ils occupent un emploi qui ne repose pas sur la créativité. De ce fait, ils préfèrent la laisser à la maison. Pourtant, plusieurs emplois ont le potentiel de vous permettre de déchaîner votre créativité. Beaucoup plus que vous le pensez.

La pire manière de trouver des idées nouvelles, c’est de participer aux congrès en lien avec son industrie. Je parle ici d’innovation et de développement de projets, pas de perfectionnement. Il est très important de participer aux colloques, réunions, tables sectorielles en lien avec notre secteur d’activités, mais pas tellement pour renouveler les pratiques.

La meilleure façon, à mon humble avis, de fracasser les idées préconçues et de provoquer un torrent de créativité, c’est de côtoyer des gens de tous les milieux. Voici donc une liste qui pourra peut-être vous aider à trouver de nouvelles idées et même de nouvelles solutions pour régler de vieux problèmes.

1. Participer à des événements dans toutes les disciplines
Si vous êtes un organisme en arts de la scène, ne vous contentez pas d’assister à des évènements ou des rencontres en lien seulement avec les arts de la scène. Tentez les arts médiatiques, la danse, les arts visuels, etc. Il y a certainement de belles collaborations à faire et de nouvelles idées à partager.

2. Fréquenter des milieux radicalement différents du vôtre
Le documentaire est un très bon exemple des belles collaborations qui peuvent émerger de la mixité des domaines. Stéphane Lahoud a réalisé un magnifique documentaire, Sur la banquise, qui relate le passage d’un artiste d’Espace blanc, projet qui était porté par le centre d’artistes caravansérail, dans un village de pêche sur la banquise de Rimouski. Il y installait des girouettes inspirées par les histoires racontées par les pêcheurs. Voilà un bel exemple d’échanges porteurs.

3. Désigner un avocat du diable dans vos rencontres
Vous organisez une réunion d’équipe, une séance de remue-méninges? Assurez-vous qu’il y ait quelqu’un à la table qui questionnera toutes les idées. Tout doit être mis à l’épreuve pour être adopté. N’ayez pas peur de proposer des idées folles : la censure est l’ennemi de la créativité.

4. Aller boire un verre ou une slush
Le taux d’alcool n’est pas l’important, c’est plutôt l’idée de mettre son cerveau en mode loisir. Remarquez que le syndrome de la page blanche ou de l’absence d’idées se manifeste souvent en réunion d’équipe, quand vous êtes forcé d’être créatif. En contexte de loisir, le cerveau ne se sent pas obligé de cracher des idées et magie, une rafale de nouveaux projets risque d’émerger. C’est souvent quand on n’a pas prévu de repeindre entièrement sa salle bain qu’on le fait… Euh, est-ce que c’est juste moi ça?

Julie Gauthier (qui blogue aussi ici)

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